L’impact du Covid-19 sur l’activité funéraire

Dans un premier temps, certaines régions, notamment le Grand Est et l’Ile de France ont été débordées par la gestion des corps liée à l’épidémie de Covid-19. Dans un second temps, c’est dans tout le pays que l’activité funéraire a été impactée. Les réglementations ont rapidement évolué pour éviter tout risque de contamination à partir des victimes du Coronavirus.À partir du 15 mars 2020, deux jours avant le début du premier confinement, les cérémonies en intérieur ont été limitées à 20 personnes et dans le respect des gestes barrières. Selon les établissements, les limitations étaient parfois encore plus fermes notamment dans certains crématoriums où les visites étaient interdites.La violence des mesures sanitaires a été décriée par les familles, ayant l’impression de se faire confisquer leur proche et leur deuil par la même occasion.À partir de mai 2020, les autorités ont accepté l’ouverture des housses mortuaires sur 10 centimètres pendant quelques secondes pour pouvoir voir une dernière fois le visage du défunt.

Et c’est seulement à partir de janvier 2021 que l’obligation de mise en bière immédiate a été supprimée. Cette mesure a suivi les recommandations de la Haute Autorité de la Santé ayant averti des lourdes conséquences psychosociales pour les proches n’ayant pu dire au revoir à leur défunt.

Les conséquences pour les familles endeuillées

Les familles des victimes du Covid-19 ont été mises à distance des funérailles pour leur sécurité mais restent traumatisée. Le plus difficile, pour beaucoup d’entre elles, a été la vitesse du processus : dès le décès, le corps était mis en bière et la crémation a parfois eu lieu en l’absence des familles, notamment pendant les confinements.

Certains ont eu le sentiment d’abandonner leur proche et de ne pas avoir fait leur « travail » de conjoint(e) ou d’enfant : pas de visite à l’hôpital, impossibilité de tenir la main pendant les derniers instants et interdiction de réaliser une cérémonie d’hommage digne de ce nom.

« Il est très important pour nous d’accompagner les familles durant les obsèques pour prendre le temps de réaliser toutes les dernières volontés. L’année 2020 a été particulièrement difficile à cause des mesures de protection et l’impossibilité parfois d’organiser les obsèques souhaitées par le défunt ou sa famille », nous confirme Sabine Le Gonidec de la Coopérative Funéraire, agence de pompes funèbres à Nantes.

Comment réaliser le processus de deuil dans ces conditions ?

Tout d’abord, à quoi sert le deuil ? Le processus de deuil permet de se délivrer de sa souffrance et parfois de son incompréhension. Le travail de deuil est nécessaire pour parvenir à remonter la pente et ne pas rester blessé éternellement par la perte.

Elisabeth Kübler-Ross, une psychiatre de renom pionnière de l’approche des soins palliatifs a défini 5 étapes du deuil (à lire sur le portail dédié aux obsèques Happy End) :

  • Le déni : c’est le refus de croire que le défunt est décédé.
  • La colère : l’injustice de la perte de ce proche provoque à la fois une tristesse profonde et la peur de l’absence qui se caractérisent généralement par de l’agressivité.
  • Le marchandage : dans cette phase de négociation intérieure, le décès n’est pas encore accepté. On cherche à compenser le vide et à reprendre le contrôle sur la situation.
  • La dépression : puis, vient le moment de se confronter à la réalité, l’état de choc se dissipe et la tristesse pure s’impose.
  • L’acceptation : enfin, la douleur commence à s’estomper, il est temps d’accepter le décès et de se reconstruire.

Ce cheminement peut prendre quelques mois à quelques années selon son rapport au défunt et l’impact du décès sur sa vie.

La crise sanitaire a bloqué certaines personnes endeuillées dans le déni. Comment débuter son processus de deuil alors qu’on a été privé d’adieu ou d’hommage ? Comment se rendre compte du décès ou accepter la mort lorsqu’on n’a pas pu voir le corps ? Certaines personnes en arrivent à douter : « comment être sûre que c’est mon père à l’intérieur de cette urne ? »

Dans le but de reconnaître les victimes du Coronavirus et la souffrance des familles endeuillées, une journée d’hommage devrait être mise en place par le gouvernement.