Ligue des Champions : le format à 36 clubs
Publié le 25 octobre 2026, par la rédaction
Depuis 2024, il n'y a plus de groupes en Ligue des Champions : les 36 clubs figurent dans un classement unique et jouent huit matchs contre huit adversaires différents. La conséquence est plus grande qu'il n'y paraît. Un club ne peut plus calculer sa qualification en fonction de deux concurrents identifiés, il dépend d'un classement général où les résultats des autres comptent autant que les siens.
Au sommaire
Bref historique de la compétition
La Ligue des Champions de l'UEFA est née en 1955 sous le nom de Coupe des Clubs Champions Européens, à l'initiative du journal L'Équipe et du dirigeant Gabriel Hanot. La première édition a réuni 16 clubs des principales fédérations européennes et a été remportée par le Real Madrid, qui allait dominer les premières éditions (5 victoires consécutives de 1956 à 1960). L'épreuve a changé de nom pour Ligue des Champions de l'UEFA en 1992, lorsque l'UEFA a réformé le format pour passer à une phase de groupes, permettant à davantage de clubs de participer et augmentant considérablement les revenus de la compétition.
La compétition a continué de se développer : 24 clubs en 1994, 32 clubs à partir de 1999. Le format à 32 clubs avec 8 groupes de 4 est resté stable jusqu'en 2024, une longévité remarquable pour une compétition sportive majeure. Le palmarès est dominé par le Real Madrid (14 titres), suivi par le Milan AC (7), le Bayern Munich (6) et Liverpool/Barça (6 chacun). En France, le PSG est le seul club à avoir atteint la finale (en 2020, perdu contre le Bayern Munich) sans jamais remporter le titre.
Palmarès des clubs les plus titrés
Real Madrid : 14 titres (dont une série de 4 entre 2016 et 2022). AC Milan : 7 titres. Bayern Munich : 6 titres. FC Barcelone : 5 titres. Liverpool : 6 titres. Ajax Amsterdam : 4 titres. Internazionale : 3 titres. Manchester United : 3 titres. Juventus Turin : 2 titres. Benfica et Porto : 2 titres chacun. La France : 0 titre (le dernier club français à avoir remporté la Coupe d'Europe des clubs champions est l'Olympique de Marseille en 1993, lors de la dernière édition avant le changement de format vers la "Ligue des Champions").
Le format en vigueur depuis 2024
Le nouveau format introduit à partir de la saison 2024-2025 remplace les 8 groupes de 4 par une "phase de ligue" unique regroupant 36 clubs dans un seul classement. Chaque club joue 8 matchs de phase de ligue (4 à domicile, 4 à l'extérieur) contre 8 adversaires différents tirés au sort selon des chapeaux de têtes de série. Ces 8 adversaires sont déterminés par tirage au sort, ce qui crée des confrontations souvent plus variées que les anciens groupes où les adversaires étaient parfois trop inégaux.
Au terme des 8 matchs, les clubs sont classés selon leurs points dans un seul tableau de 36 équipes. Les 8 premiers sont directement qualifiés pour les huitièmes de finale. Les clubs classés de la 9e à la 24e place disputent un tour de barrage (matchs aller-retour en février) pour accéder aux huitièmes. Les 12 clubs classés au-delà de la 24e place sont éliminés. À partir des huitièmes, le format reste identique : matchs aller-retour jusqu'en demi-finale, puis finale sur un site unique (généralement désigné plusieurs années à l'avance). La finale 2025 a eu lieu à l'Allianz Arena de Munich ; la finale 2026 est prévue à Budapest.
36 clubs : comment ils sont sélectionnés
Les 36 places de la phase de ligue sont distribuées selon un système de coefficients UEFA. La majorité des places (environ 22 sur 36) sont attribuées sur la base des performances des ligues nationales et de leurs clubs en compétitions européennes sur les 5 dernières années (coefficient UEFA par club et par ligue). Les champions des 6 premières ligues européennes au coefficient UEFA (Espagne, Allemagne, Angleterre, France, Italie, Portugal) sont qualifiés d'office. Les 4 places supplémentaires introduites par la réforme (passage de 32 à 36 clubs) reviennent aux ligues avec les meilleurs coefficients collectifs, ce qui a notamment permis à la France d'obtenir une quatrième place garantie en Ligue des Champions (au lieu de trois auparavant).
Une place spécifique est réservée au vainqueur de la Ligue des Champions de la saison précédente et une autre au vainqueur de la Ligue Europa (s'ils ne sont pas déjà qualifiés via leur championnat). Enfin, depuis 2024, une place est attribuée au club le mieux classé du championnat national qui n'a pas encore obtenu sa qualification, un mécanisme de "wild card" basé sur le coefficient historique du club sur 10 ans. Ce dernier mécanisme permet à de grands clubs historiques (Juventus, Marseille, Benfica...) de revenir en LDC même après une saison décevante.
Comprendre le coefficient UEFA
Le coefficient UEFA d'un club mesure ses performances en compétitions européennes (LDC, Ligue Europa, Conférence League) sur les 5 dernières saisons. Chaque victoire, match nul, qualification et titre rapporte des points. Ce coefficient détermine à la fois la chance de qualification en LDC et le chapeau de tirage au sort (les clubs à fort coefficient sont dans le chapeau 1, moins exposés à des adversaires difficiles en phase de ligue). Les clubs espagnols et anglais dominent généralement les coefficients les plus élevés grâce aux performances répétées de leurs clubs phares (Real Madrid, Manchester City, Liverpool...) en LDC depuis 10-15 ans.
Les clubs français en Ligue des Champions
La France dispose depuis 2024-2025 d'une garantie de 4 places en Ligue des Champions, contre 2 à 3 auparavant. Paris Saint-Germain, club le plus riche et le plus régulier en Ligue 1 depuis le rachat qatari en 2011, est présent quasi-systématiquement. L'Olympique de Marseille (champion d'Europe 1993) fait des apparitions régulières mais irrégulières. Monaco, Lille, Lyon et Lens ont représenté la France ces dernières saisons avec des fortunes diverses. La réforme à 36 clubs et l'attribution d'une 4e place française ouvrent la porte à des clubs du milieu de tableau de Ligue 1 qui auraient été exclus sous l'ancien format.
Les clubs français souffrent d'un déficit de compétitivité financière face aux clubs anglais, espagnols et allemands, dont les revenus télévisés sont significativement plus élevés. La Ligue 1 génère environ 700 millions d'euros de droits TV par saison, quand la Premier League en génère plus de 3 milliards. Cette disparité se répercute directement dans les budgets de transferts et les masses salariales. Les clubs français sont souvent éliminés en huitièmes ou quarts de LDC faute de pouvoir rivaliser financièrement pour recruter les meilleurs joueurs mondiaux.
Les enjeux financiers
La Ligue des Champions est une machine financière d'une ampleur considérable. Pour la saison 2024-2025, l'UEFA a distribué environ 2,5 milliards d'euros aux 36 clubs participants. La distribution se décompose en plusieurs enveloppes : une dotation de participation (fixe pour tous les clubs), des primes de performance (victoire, match nul en phase de ligue), et une enveloppe de "market pool" liée à la valeur des droits télévisés du marché national du club (les clubs anglais touchent davantage que les clubs grecs, par exemple).
Un club participant à la phase de ligue gagne au minimum 18-20 millions d'euros, sans considérer les recettes de billetterie et de sponsoring. Un club qui va jusqu'à la finale peut toucher 80 à 100 millions de la LDC, plus les recettes annexes. Pour les grands clubs (Real Madrid, Manchester City, Bayern Munich), la LDC représente un levier financier annuel de 100 à 200 millions d'euros qui leur permet de financer des recrutements que les clubs moins réguliers en Europe ne peuvent pas se permettre. C'est une spirale qui tend à concentrer la compétitivité dans un petit groupe de clubs récurrents.
Les critiques adressées au format
La réforme à 36 clubs n'a pas que des partisans. Les principales critiques : le volume de matchs a augmenté pour les clubs (8 matchs de phase de ligue contre 6 dans les anciens groupes), contribuant à la surcharge du calendrier déjà dénoncée par les joueurs et les clubs. L'UEFA a elle-même introduit une pause internationale "réduite" en décembre pour compenser, mais les calendriers restent très chargés. Les matchs de phase de ligue entre un club du top 5 mondial et un club d'une petite ligue peuvent être peu compétitifs et peu attractifs pour les diffuseurs.
La question de la compétition nationale est aussi soulevée : avec 8 matchs européens importants à disputer, les grands clubs concentrent leurs effectifs sur l'Europe au détriment du championnat national, creusant davantage l'écart avec les clubs non-européens. Certains observateurs regrettent la suppression des groupes "narratifs" (l'ancien Groupe de la Mort, l'attente du tirage en décembre, la logique claire pour les supporters) au profit d'un tableau de 36 équipes plus difficile à suivre pour le grand public.
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Combien rapporte une participation en Ligue des Champions à un club français ?
Pour la saison 2024-2025, la participation à la phase de ligue de la LDC rapporte environ 18,6 millions d'euros de dotation fixe. S'y ajoutent des primes pour chaque victoire (environ 2,1 millions d'euros) ou match nul (700 000 euros) en phase de ligue, ainsi qu'une part du "market pool" calculée sur les droits télévisés français. Un club français qui passe la phase de ligue et atteint les huitièmes de finale peut espérer 25 à 35 millions d'euros de l'UEFA. Si l'on ajoute les recettes de billetterie, les sponsors spécifiques et les primes de diffuseurs, une bonne campagne en LDC représente 40 à 60 millions d'euros pour un club comme le PSG ou Marseille.
Le PSG peut-il un jour remporter la Ligue des Champions ?
C'est la grande question du football français. Le PSG a investi des centaines de millions d'euros depuis le rachat par QSI en 2011, recruté Messi, Neymar, Mbappé (parti au Real en 2024) et de nombreuses stars, mais n'a jamais remporté le titre (finaliste battu en 2020 contre le Bayern Munich). Les handicaps persistants : l'instabilité des projets sportifs (entraîneurs changés fréquemment), la difficulté à créer un collectif soudé avec des individualités très fortes, et les règles de Fair-Play financier qui limitent les dépenses excessives. Depuis le départ de Mbappé en 2024, le PSG tente un projet plus collectif. La victoire en LDC reste possible mais nécessiterait une alchimie sportive que l'argent seul ne peut pas fabriquer.
La Ligue des Champions reste la compétition de clubs la plus regardée et la plus lucrative du monde. Sa réforme en 2024 a profondément transformé son format pour en faire un spectacle encore plus global, au prix d'une complexification qui demande aux supporters de s'adapter. Pour les clubs français, l'enjeu des prochaines années est de confirmer leur place dans l'élite européenne dans ce nouveau cadre plus compétitif.