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Études & Écoles

SIGEM : comment fonctionnent les voeux et classements apres les concours prepa

SIGEM : comment fonctionnent les voeux et classements apres les concours prepa

Le SIGEM (Système Informatique de Gestion des Étudiants en Management) est le système de gestion des voeux et d'admission dans les grandes écoles de management françaises pour les étudiants issus des classes préparatoires. C'est, en quelque sorte, l'équivalent de Parcoursup pour les candidats aux grandes écoles de commerce après les concours : une fois les épreuves terminées et les résultats connus, les candidats formulent leurs voeux sur le SIGEM pour être affectés dans les écoles où ils sont admissibles en fonction de leur rang de classement. Comprendre le fonctionnement du SIGEM est essentiel pour tout préparationnaire qui vise les grandes écoles de management.

Les concours et les banques d'épreuves

Les grandes écoles de commerce françaises sélectionnent leurs étudiants via des concours d'entrée à l'issue des deux ou trois années de classes préparatoires économiques et commerciales (EC). Ces concours sont organisés en "banques d'épreuves", des structures communes à plusieurs écoles qui mutualisent tout ou partie des épreuves écrites. Les principales banques d'épreuves pour les voies ECG (Économique, Commerciale, Générale), ECS et ECT sont la BCE (Banque Commune d'Épreuves, pour HEC, ESSEC, ESCP...), Ecricome (pour Kedge, Skema...), bien que les regroupements aient évolué ces dernières années avec la réforme des prépas.

Pour les préparationnaires, le calendrier des concours est dense : les épreuves écrites ont lieu en avril-mai de l'année de concours (deuxième année de prépa, sauf redoublement). Les résultats d'admissibilité (qui passe les oraux ?) sont publiés en juin. Les épreuves orales se déroulent ensuite en juin-juillet dans les différentes écoles. Les admissions définitives sont prononcées en juillet, suivies de la période SIGEM (juillet-août) pour les affectations finales. Ce calendrier très concentré ne laisse que peu de temps aux candidats pour la réflexion et la préparation de leurs voeux, d'où l'importance d'avoir réfléchi en amont à sa stratégie.

Les principales écoles du SIGEM

Le SIGEM concerne les grandes écoles de management membres du Chapitre des Grandes Écoles, notamment : HEC Paris, ESSEC Business School, ESCP Business School, EM Lyon, EDHEC Business School, Grenoble Ecole de Management (GEM), Kedge Business School, Skema Business School, Audencia, TBS Education, ICN Business School, etc. Les conditions d'accès (rangs d'admissibilité, nombre de places, seuils d'oral) varient d'une année à l'autre selon le nombre de candidats et de places disponibles dans chaque école. HEC et ESSEC restent les écoles les plus sélectives avec les rangs d'admission les plus élevés.

L'admissibilité et les listes

Avant d'arriver au SIGEM, il faut d'abord être "admissible" dans les écoles qui vous intéressent. L'admissibilité signifie que votre note aux épreuves écrites du concours est suffisamment élevée pour passer les épreuves orales d'une école donnée. Chaque école fixe un seuil d'admissibilité (souvent exprimé en rang de classement ou en note sur 20) en dessous duquel les candidats ne peuvent pas passer les oraux. Après les oraux, une liste finale d'admission est établie : les candidats y sont classés par ordre de mérite (selon la note finale combinant écrit et oral). Seuls ceux qui sont sur la liste d'admission (pas seulement d'admissibilité) ont accès au SIGEM pour cette école.

Être admissible dans une école ne garantit pas d'y être admis : il faut passer les oraux, qui représentent souvent une part importante de la note finale (les oraux peuvent peser 40 à 60 % de la note totale selon les écoles). Les oraux comprennent généralement des entretiens de personnalité, des épreuves en langues étrangères, des exposés, des épreuves de culture générale et parfois des simulations de situations professionnelles. Les candidats qui n'ont pas été performants aux écrits mais qui excellent aux oraux peuvent ainsi remonter significativement dans le classement final, et inversement des candidats bien classés à l'écrit peuvent chuter après des oraux décevants.

Fonctionnement du SIGEM

Le SIGEM fonctionne sur le principe du voeu unique et de l'affectation par ordre de préférence. Voici comment : chaque candidat admis (qui figure sur au moins une liste d'admission) se connecte sur la plateforme SIGEM et indique ses écoles par ordre de préférence (du 1er choix au dernier). La plateforme affecte chaque candidat à l'école la mieux placée dans son ordre de préférence dans laquelle il figure sur la liste d'admission, en respectant les rangs d'admission de tous les candidats simultanément.

Concrètement, imaginons un candidat admis sur la liste d'HEC Paris (rang 150) et d'ESSEC (rang 80). S'il met HEC en 1er choix et ESSEC en 2e, le SIGEM vérifie d'abord s'il peut être affecté à HEC. Si au moment du traitement, les 150 premiers de la liste HEC ont été admis et qu'il est en position 150, il est admis à HEC. Si seulement 140 candidats devant lui ont été affectés à HEC (parce que les autres ont été affectés à d'autres écoles encore mieux classées dans leurs voeux), il passe et est affecté à HEC. Ce système algorithmique assure une affectation optimale selon les préférences des candidats et les listes d'admission des écoles. Le SIGEM fonctionne en plusieurs phases séquentielles (souvent 5 à 7 phases sur quelques jours) qui permettent de combler les places libérées par les candidats affectés à des écoles mieux classées.

La règle d'or du SIGEM

La règle d'or du SIGEM est de toujours indiquer ses écoles dans l'ordre réellement préféré, sans calcul tactique. Le système SIGEM garantit que vous serez toujours affecté à l'école la mieux classée dans vos voeux dans laquelle vous êtes admissible et où il reste une place. Il n'y a aucun intérêt à mettre une école moins bien classée en 1er voeu pour "augmenter ses chances" : vous ne risquez rien à mettre votre école idéale en premier, car si vous n'êtes pas admis (parce que la place est prise par quelqu'un mieux classé), le système passera automatiquement au voeu suivant. Mettre ses voeux dans un ordre différent de vos préférences réelles ne peut que vous faire perdre une place dans une école que vous préférez.

Stratégiser ses voeux

Même si l'ordre des voeux doit refléter les préférences réelles, il y a quand même une stratégie dans la constitution de la liste. Il est conseillé d'inclure toutes les écoles dans lesquelles on est admis (et pas seulement ses trois premiers choix), car on ne sait pas à l'avance combien de places se libèreront dans les écoles supérieures au fil des phases du SIGEM. Il faut aussi inclure une ou plusieurs écoles "filet de sécurité" : des écoles que l'on est quasi-certain d'intégrer en dernier recours, pour ne pas se retrouver sans affectation SIGEM après les concours et devoir trouver une solution de repli en urgence.

La question de la mobilité géographique est importante dans la stratégie de voeux : certaines écoles sont dans des villes plus attractives que d'autres pour certains profils (Paris pour les financiers, Lyon pour ceux qui privilégient la qualité de vie, Bordeaux pour l'environnement et le dynamisme de la ville, Lille pour la proximité avec l'Europe du Nord...). Le programme de l'école joue aussi : certaines écoles ont des spécialités reconnues (finance pour HEC et ESSEC, entrepreneuriat pour EM Lyon, international pour ESCP avec ses 6 campus européens...) ou des partenariats d'échanges internationaux particulièrement intéressants. Il est conseillé aux préparationnaires de visiter les écoles, d'assister aux journées portes ouvertes et de parler avec des étudiants et alumni avant de figer leurs voeux pour le SIGEM.

Les "cotes" de classes préparatoires

Le terme "cote" d'une classe préparatoire désigne le niveau moyen des candidats de cette classe dans les concours, généralement exprimé par la proportion d'élèves admis dans les grandes écoles du top 5 (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC). Les classes prépas les plus "cotées" sont généralement les premières années dans les établissements parisiens (Louis-le-Grand, Henri-IV, Lycée Pasteur à Neuilly...) et dans quelques lycées de province réputés (Faidherbe à Lille, Champollion à Grenoble, Descartes à Tours, Michel de Montaigne à Bordeaux...). La "cote" d'une classe prépa est un indicateur utile mais imparfait de sa qualité réelle d'enseignement.

Pourquoi imparfait ? Parce que la cote mesure les résultats globaux de la classe, qui dépendent beaucoup du niveau d'entrée des élèves (une prépa sélective de Paris aura naturellement de meilleurs résultats qu'une prépa moins sélective de ville moyenne, ce qui ne signifie pas que l'enseignement y est meilleur en valeur absolue). Certaines prépas moins "cotées" affichent d'excellents taux de valeur ajoutée (les élèves progressent beaucoup par rapport à leur niveau d'entrée). Pour un candidat qui entre en prépa, la "cote" de la classe ne doit pas être le seul critère de choix : l'ambiance de travail, la qualité du suivi individuel par les professeurs, la proximité du domicile et les conditions de vie jouent aussi un rôle important dans les performances finales au concours.

Après le SIGEM

Après la période SIGEM, les candidats affectés dans une école reçoivent une confirmation et doivent généralement confirmer leur inscription dans un délai court. Les candidats non affectés par le SIGEM (soit parce qu'ils n'étaient admis nulle part, soit parce que toutes les places dans leurs écoles souhaitées étaient prises) se retrouvent en situation délicate. Plusieurs options s'offrent à eux : redoubler en prépa pour retenter les concours l'année suivante (le "cube" ou la troisième année), s'inscrire dans une école de commerce qui accepte des candidats post-concours sur dossier ou via des procédures spécifiques, ou s'orienter vers d'autres parcours (licences universitaires, IUT, prépas des écoles d'ingénieurs...).

Le redoublement ("cuber") est une pratique courante et socialement acceptée dans le système des prépas françaises. La troisième année permet de consolider les connaissances, d'améliorer sa méthode et de passer les oraux une deuxième fois avec une expérience supplémentaire. Statistiquement, les "cubes" ont souvent de meilleurs résultats que lors de leur première tentative, notamment dans les oraux où l'expérience fait la différence. Cependant, le redoublement représente un investissement de temps et d'énergie supplémentaire, et n'est pas sans risque : certains candidats ne progressent pas significativement entre leur deuxième et troisième année de concours, et l'environnement de travail intense de la prépa pendant une année supplémentaire peut peser psychologiquement.

Lire aussi : Bourse CROUS : montants et conditions et ESCOM : l'école d'ingénieurs en chimie.

Combien de voeux peut-on formuler sur le SIGEM ?

Le nombre de voeux sur le SIGEM n'est pas limité : vous pouvez formuler autant de voeux que d'écoles dans lesquelles vous êtes admis (qui figurez sur la liste d'admission). En pratique, la plupart des candidats formulent entre 3 et 15 voeux, selon le nombre d'écoles dans lesquelles ils ont passé les oraux et été admis. Il n'y a aucun intérêt stratégique à limiter le nombre de voeux : plus vous incluez d'écoles (dans l'ordre de vos préférences réelles), plus vous avez de chances d'être affecté dans une école qui vous convient en cas de non-admission dans vos premiers choix. Le système SIGEM récompense la transparence dans les préférences.

Peut-on changer ses voeux SIGEM après les avoir soumis ?

Le SIGEM se déroule en plusieurs phases. Pendant les périodes inter-phases, les candidats peuvent généralement modifier l'ordre de leurs voeux ou en ajouter de nouveaux si une place se libère dans une école où ils étaient en liste d'attente. En revanche, une fois qu'une affectation définitive est prononcée, il est en principe impossible de la modifier. Certaines écoles proposent des procédures de désistement en dehors du SIGEM, mais cela implique de renoncer à son affectation principale sans garantie d'être accepté ailleurs, ce qui est très risqué. Il est donc crucial de bien réfléchir à l'ordre de ses voeux avant de les soumettre et de se fier à ses préférences réelles plutôt qu'à des calculs tactiques qui peuvent se retourner contre vous.

Le SIGEM est une étape clé dans le parcours des préparationnaires qui visent les grandes écoles de management. Comprendre son fonctionnement en amont, formuler ses voeux dans l'ordre de préférence réelle et inclure suffisamment d'écoles sont les clés pour optimiser ses chances d'intégration dans l'école qui correspond le mieux à ses ambitions et à son projet professionnel à long terme.