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Santé & Bien-être

Ce que fait le sucre dans le corps après un dessert

Ce que fait le sucre dans le corps après un dessert

Après un dessert, la glycémie monte pendant 30 à 60 minutes, le pancréas libère de l'insuline pour la faire redescendre, et chez une personne en bonne santé tout est revenu à la normale en deux à trois heures. Le dessert pris en fin de repas est même le cas le plus doux : les fibres, les protéines et les graisses du plat ralentissent le passage du sucre dans le sang. La somnolence et la petite faim qui suivent ont plusieurs causes, et le sucre n'est responsable que d'une partie.

La glycémie culmine entre 30 et 60 minutes

Le sucre d'un dessert est découpé en glucose et en fructose dans l'intestin grêle, puis passe dans le sang. Chez une personne non diabétique, la glycémie à jeun se situe entre 0,70 et 1,10 g/l. Après un repas, elle monte généralement jusqu'à 1,20 ou 1,40 g/l, avec un sommet entre 30 et 60 minutes, rarement au-delà de 1,40 g/l deux heures après.

La vitesse de la montée dépend de ce qu'on mange et de ce qu'on a mangé avant. Un soda bu à jeun fait grimper la glycémie en quelques minutes. La même quantité de sucre prise à la fin d'un plat de légumes, de viande ou de féculents complets arrive plus lentement dans le sang, parce que l'estomac se vide moins vite.

Le plaisir ressenti, lui, arrive avant toute montée de glycémie. Le goût sucré active dès la première bouchée le circuit cérébral de la récompense, celui de la dopamine. Le cerveau n'attend pas que le glucose arrive pour enregistrer le dessert comme agréable.

L'index glycémique mesure la vitesse de la montée

L'index glycémique (IG) compare la hausse de glycémie provoquée par un aliment à celle du glucose pur, noté 100. Le pain blanc, les bonbons et le jus d'orange ont un IG élevé, les légumineuses, la plupart des fruits entiers et le chocolat noir un IG bas. L'IG est mesuré sur un aliment pris seul : dans un repas complet, les écarts se resserrent.

L'insuline ramène la glycémie en deux à trois heures

Dès que la glycémie monte, le pancréas libère de l'insuline. Cette hormone fait entrer le glucose dans les muscles, le foie et les cellules graisseuses, où il est brûlé ou stocké. Plus la montée est rapide, plus la sécrétion est forte.

Chez certaines personnes, la réponse dépasse la cible : deux à quatre heures après un repas riche en sucres rapides, la glycémie descend un peu sous son niveau de départ. On parle d'hypoglycémie réactive. Elle peut donner une sensation de faiblesse, des mains qui tremblent, de l'irritabilité. Chez la plupart des gens, elle reste légère et se corrige seule. Des malaises répétés, avec sueurs ou palpitations, justifient d'en parler à un médecin, qui peut prescrire un test pour vérifier la régulation du sucre.

La somnolence vient surtout de l'heure et du repas

Le coup de barre de 14 heures existe même sans déjeuner. L'horloge interne prévoit une baisse de vigilance en début d'après-midi, plus marquée après une nuit courte. Un repas copieux l'accentue, quelle que soit sa composition, parce que la digestion mobilise l'organisme.

Le sucre y ajoute deux effets, mieux établis chez l'animal que chez l'homme. Le glucose freine l'activité des neurones à orexine, un messager de l'éveil, ce qu'une équipe de neurobiologistes a montré chez la souris en 2006. Et l'insuline facilite l'entrée dans le cerveau du tryptophane, un acide aminé apporté par les aliments riches en protéines, qui sert à fabriquer la sérotonine puis la mélatonine. Aucun des deux ne suffit à expliquer une forte envie de dormir après un simple dessert.

Deux à cinq minutes de marche suffisent

Une méta-analyse publiée en 2022 dans Sports Medicine a comparé des adultes restés assis toute la journée à d'autres qui se levaient régulièrement pour marcher deux à cinq minutes à pas tranquille : chez ces derniers, la glycémie après les repas montait environ 17 % moins haut. Se tenir debout aide aussi, deux fois moins. Les muscles en mouvement captent du glucose sans attendre l'insuline. Faire la vaisselle ou descendre chercher le courrier compte.

La faim revient plus vite après des sucres rapides

Un goûter de bonbons ou de biscuits pris seul rassasie peu de temps. La glycémie monte vite, redescend vite, et la faim revient plus tôt qu'après un en-cas qui contient des protéines ou des fibres pour le même nombre de calories. Dans une étude publiée en 1999, douze adolescents en obésité ont reçu tour à tour des repas de mêmes calories à index glycémique bas, moyen ou élevé : après le repas à index élevé, ils ont mangé nettement plus dans les heures suivantes.

Le dessert pris à la fin d'un repas équilibré produit cet effet bien moins nettement. C'est le sucre pris seul, entre les repas, qui entretient le cycle petite faim, grignotage, petite faim.

Un fruit entier ne fait pas l'effet d'un jus

Une orange entière et un verre de jus pressé contiennent à peu près le même sucre, mais pas les mêmes fibres. Les fibres de la pulpe ralentissent l'absorption, et il faut deux ou trois oranges pour remplir un verre : on boit en trente secondes le sucre qu'on mettrait dix minutes à manger.

Le chocolat noir à 70 % de cacao ou plus fait monter la glycémie moins vite qu'une barre chocolatée, grâce à ses matières grasses et à sa faible teneur en sucre. Il reste calorique. Une crème dessert, une tarte aux fruits ou une salade de fruits se placent entre les deux : c'est la quantité de sucre ajouté, plus que le type de dessert, qui fait la différence.

Faut-il prendre le dessert à part, en goûter ?

Pour la glycémie, c'est l'inverse. Le même dessert fait monter le sucre sanguin moins vite en fin de repas que seul en milieu d'après-midi, puisque le reste du repas ralentit son absorption.

Pourquoi certains tolèrent-ils mieux le sucre que d'autres ?

La sensibilité à l'insuline varie avec l'âge, l'activité physique, le tour de taille et l'hérédité. Une personne qui bouge régulièrement a des muscles qui captent mieux le glucose. Une forte somnolence après chaque repas, une soif inhabituelle ou une fatigue persistante peuvent aussi signaler un diabète débutant : une prise de sang à jeun permet de le vérifier.

Le sucre donne-t-il un coup de fouet ?

Le plaisir est immédiat, l'énergie beaucoup moins. Pendant un effort long, le sucre aide le muscle. Au bureau, un en-cas sucré ne rend pas plus vigilant dans l'heure qui suit, et peut au contraire accompagner une baisse de forme si la glycémie redescend vite.

Sur le même thème : les signaux que le corps envoie quand il manque d'eau et la marche afghane et ses effets.

Sources

  • Buffey A. et al., « The Acute Effects of Interrupting Prolonged Sitting Time in Adults with Standing and Light-Intensity Walking on Biomarkers of Cardiometabolic Health », Sports Medicine, 2022, méta-analyse de sept essais, baisse de la glycémie post-repas d'environ 17 % avec la marche légère : doi.org/10.1007/s40279-022-01649-4
  • Burdakov D. et al., « Tandem-pore K+ channels mediate inhibition of orexin neurons by glucose », Neuron, 2006, inhibition des neurones à orexine par le glucose chez la souris : doi.org/10.1016/j.neuron.2006.04.032
  • Ludwig D. S. et al., « High glycemic index foods, overeating, and obesity », Pediatrics, 1999, prise alimentaire plus élevée après un repas à index glycémique élevé chez des adolescents : doi.org/10.1542/peds.103.3.e26