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Enlever une étiquette collée sans laisser de trace

Enlever une étiquette collée sans laisser de trace

Pour décoller une étiquette proprement, on chauffe d'abord, on dissout ensuite ce qui reste. Un sèche-cheveux ramollit la colle et permet de soulever le papier d'un seul tenant, puis un peu d'huile ou d'alcool ménager emporte le film collant. Le choix du produit dépend surtout de la surface. L'acétone et les dissolvants attaquent plusieurs plastiques courants et de nombreuses peintures, alors que le verre supporte à peu près tout.

Chauffer avant de tirer

La plupart des étiquettes autocollantes tiennent grâce à un adhésif dit sensible à la pression, qui adhère au simple contact. Sur les étiquettes courantes, deux familles dominent. Les adhésifs à base de caoutchouc supportent mal la chaleur et résistent mal aux solvants. Les adhésifs acryliques, plus coûteux, résistent mieux à la chaleur, aux solvants et à la lumière. Dans les deux cas, l'adhérence augmente pendant les heures qui suivent la pose, en général les vingt-quatre premières, ce qui explique qu'une étiquette ancienne résiste davantage qu'une étiquette qu'on vient de coller.

La chaleur ramollit l'adhésif et le rend moins accrocheur. Un sèche-cheveux réglé sur la position chaude, tenu à une dizaine de centimètres pendant trente secondes à une minute, suffit dans la plupart des cas. On soulève ensuite un coin avec l'ongle ou une carte plastique, et l'on tire lentement, presque à plat contre la surface plutôt que vers le haut. Si le papier se déchire, on réchauffe et l'on reprend par un autre angle.

  1. Chauffer Sèche-cheveux sur la position chaude pendant trente secondes à une minute.
  2. Soulever un coin Avec l'ongle ou une vieille carte bancaire, sans lame sur le plastique.
  3. Tirer lentement En gardant l'étiquette presque parallèle à la surface.
  4. Dissoudre le reste Avec le produit adapté à la matière, voir le tableau plus bas.
  5. Laver À l'eau savonneuse, pour éliminer le gras ou le solvant.

Pour les bocaux et les bouteilles en verre, le trempage dans une eau très chaude additionnée de liquide vaisselle fait le même travail en une dizaine de minutes. Les étiquettes en papier des bouteilles de bière, posées à la colle à l'eau, se détachent souvent seules. Celles des pots de confiture ou de sauce, souvent autocollantes, laissent un film qu'il faut ensuite traiter.

Dissoudre le film de colle qui reste

Quand le papier est parti mais que la surface reste poisseuse, frotter à sec ne fait qu'étaler la colle et ramasser la poussière. Il faut un produit qui la ramollisse. L'huile alimentaire, tournesol ou olive, vient à bout de beaucoup de résidus. On en imbibe un essuie-tout, on le laisse posé cinq minutes sur la colle, puis on frotte en petits cercles. La colle se roule en boulettes qu'on essuie facilement.

L'alcool ménager, ou l'alcool isopropylique vendu pour nettoyer l'électronique, agit plus vite et ne laisse pas de gras. Il marche souvent mieux que l'huile sur les adhésifs acryliques, sans garantie sur les plus anciens. Il est inflammable, comme l'acétone. Le vinaigre blanc est souvent conseillé, mais il agit surtout sur le papier et les colles à l'eau et donne en général peu de résultat sur un vrai film autocollant.

Une gomme à effacer, ou une boule faite avec la colle déjà retirée, ramasse les derniers points collants par adhérence. C'est une méthode sûre sur un livre, une couverture cartonnée ou une surface qu'on ne veut pas mouiller.

Quel produit sur quelle surface

Le verre, la céramique, l'inox et la porcelaine supportent la chaleur, l'huile, l'alcool et l'acétone. Le plastique demande plus d'attention, car tous les plastiques ne réagissent pas de la même manière. Selon les tableaux de résistance chimique des fabricants, le polystyrène, qu'on trouve dans les boîtiers de CD, certains pots et nombre d'objets rigides transparents, est attaqué par l'acétone alors qu'il supporte bien l'alcool isopropylique. Le plexiglas et le polycarbonate, ceux des écrans de protection ou de certaines gourdes, peuvent se couvrir de fines fissures au contact des solvants, alcool compris. Sur ces deux matières, on s'en tient à l'eau savonneuse et à l'huile.

SurfaceÀ privilégierÀ éviter
Verre, céramique, inoxEau chaude, huile, alcool, acétoneGrattoir tenu de biais, qui raye
Plastique rigide courantChaleur modérée, huile, alcool après essaiAcétone et dissolvants, chaleur prolongée
Plexiglas, polycarbonateEau savonneuse, huileAlcool, acétone, dissolvants
Métal peint, carrosserie, électroménager laquéChaleur douce, huile, dissolvant d'adhésif compatible peintureAcétone, grattoir
Bois brutChaleur, gommeHuile, qui tache durablement, et trempage
Bois verni ou peintChaleur douce, alcool en touches rapides après essaiAcétone, qui dissout de nombreux vernis
Livre, cartonChaleur douce, gommeTout liquide
TextileChaleur douce, alcool tamponné sur l'envers après essai, puis lavageHuile, qui laisse une auréole

Sur une surface dont on ignore la composition, l'essai sur une zone cachée évite les mauvaises surprises. On dépose une goutte de produit, on attend trente secondes puis on essuie. Si la surface devient mate, collante ou se voile, on change de méthode.

Les étiquettes qui résistent

Certaines étiquettes sont conçues pour ne pas partir. Les étiquettes de sécurité, dites inviolables, se déchirent volontairement en petits morceaux, et les autocollants exposés au soleil pendant des années voient leur colle durcir. Dans ce cas, on alterne chaleur et produit sur plusieurs passes, en grattant entre chaque passe avec une spatule en plastique ou une carte. Sur le verre, un grattoir à lame rasoir tenu très à plat accélère le travail. La plaque signalétique d'un appareil électroménager, qui porte sa référence et son numéro de série, sert au service après-vente et à la garantie, mieux vaut la laisser en place.

Les dissolvants d'adhésif vendus en grande surface ou en magasin de bricolage sont à base d'agrumes ou de solvants pétroliers. Leur étiquette indique les surfaces compatibles, et un essai sur le plastique reste nécessaire. L'acétone est le produit le plus radical, à réserver au verre, à la céramique et au métal nu. Elle est très inflammable et s'utilise fenêtre ouverte, loin de toute flamme, avec des gants résistants aux solvants.

Si le plastique a jauni sous l'étiquette, voyez les méthodes pour déjaunir le plastique. Pour les traces grises qui restent sur une surface lavable, le bicarbonate de soude utilisé comme abrasif doux peut compléter le nettoyage.

Comment enlever l'étiquette d'un bocal en verre ?

Faites tremper le bocal dans une eau très chaude avec du liquide vaisselle une dizaine de minutes, retirez le papier, puis frottez le reste de colle avec un peu d'huile ou d'alcool ménager avant de laver le bocal.

Le dissolvant pour vernis à ongles marche-t-il ?

Oui sur le verre et le métal nu, surtout s'il contient de l'acétone. Il est à proscrire sur la plupart des plastiques rigides et sur les surfaces peintes ou vernies. Les dissolvants sans acétone, souvent à l'acétate d'éthyle, attaquent eux aussi la plupart des plastiques rigides et ne constituent pas une solution de repli.

Comment retirer une étiquette d'un livre sans l'abîmer ?

Chauffez l'étiquette quelques secondes au sèche-cheveux, décollez-la lentement, puis retirez les résidus avec une gomme. Évitez l'huile et les solvants, que le carton et le papier absorbent.

Sources

  • Chemsultants International, « Pressure Sensitive Adhesive Information », familles d'adhésifs (caoutchouc, acrylique, thermofusible, émulsion), résistance à la chaleur, aux solvants et aux UV, montée de l'adhérence sur environ 24 heures après la pose : chemsultants.com/ps-adhesive-information
  • K-mac Plastics, « Polystyrene Chemical Resistance », contact de 24 heures, acétone notée « poor », alcool isopropylique noté « good » à 23 °C : kmac-plastics.net/data/chemical/polystryrene-chemical-resistance.htm