Épargne salariale, PEE et PER collectif en 2026
Publié le 31 août 2026, mis à jour le 24 septembre 2026, par la rédaction
Placer sa prime d'intéressement ou de participation sur un plan d'épargne d'entreprise, plutôt que la percevoir, évite l'impôt sur le revenu sur cette somme et ouvre souvent droit à un abondement de l'employeur. Sur une prime de 3 000 euros, un salarié dont la tranche marginale d'imposition est de 30 % évite environ 840 euros d'impôt, et un abondement de 50 % ajoute 1 500 euros bruts, environ 1 355 euros après CSG et CRDS, avant tout rendement. En contrepartie, l'argent est bloqué environ cinq ans sur le PEE, jusqu'à la retraite sur le PER collectif, sauf cas de déblocage anticipé. Le salarié dispose de quinze jours pour choisir, et depuis le 1er janvier 2026, les gains de ces plans supportent 18,6 % de prélèvements sociaux.
Au sommaire
Les primes et l'abondement de l'employeur
L'intéressement est une prime liée aux résultats ou aux performances de l'entreprise, prévue par un accord. La participation redistribue une partie des bénéfices, et elle est obligatoire dans les entreprises d'au moins cinquante salariés. Au moment du versement, le salarié choisit entre percevoir ces sommes, qui s'ajoutent alors à son revenu imposable, et les placer sur un plan d'épargne salariale, où elles échappent à l'impôt sur le revenu. Dans les deux cas, elles supportent la CSG et la CRDS, au taux de 9,7 %.
Le choix se fait dans les quinze jours qui suivent l'information par l'employeur. Sans réponse, les sommes sont placées d'office. Pour la participation, Service-Public précise que la moitié va sur le PER collectif s'il existe dans l'entreprise, l'autre moitié selon les termes de l'accord. L'intéressement non réclamé est en principe placé sur le PEE. Dans tous les cas, l'argent se retrouve alors bloqué.
L'abondement est le complément que l'employeur ajoute aux sommes que le salarié verse sur son plan, selon un taux et un plafond fixés par le règlement du plan, dans la limite du triple du versement du salarié. Il n'existe que si l'entreprise l'a prévu, et il supporte lui aussi la CSG et la CRDS.
| Plafonds 2026 | Montant |
|---|---|
| Intéressement par salarié et par an | 36 045 € (75 % du plafond de la Sécurité sociale) |
| Abondement de l'employeur sur le PEE | 3 844,80 € par an (8 % du plafond) |
| Abondement sur le PEE investi en actions de l'entreprise | 6 920,64 € par an |
| Abondement de l'employeur sur le PER collectif | 7 689,60 € par an (16 % du plafond) |
| Versements volontaires du salarié | 25 % de la rémunération annuelle brute, tous plans confondus, hors intéressement et participation |
Le PEE bloqué environ cinq ans
Le plan d'épargne entreprise reçoit l'intéressement, la participation, les versements volontaires du salarié et l'abondement de l'employeur. Chaque versement est bloqué environ cinq ans, la date exacte de disponibilité dépendant du règlement du plan et figurant sur le relevé. À la sortie, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu mais soumis aux prélèvements sociaux, au taux en vigueur lors du retrait, soit 18,6 % en 2026 après la hausse de la CSG sur les revenus du patrimoine.
L'argent est placé dans des fonds communs de placement d'entreprise, du fonds monétaire au fonds en actions, en passant par des fonds mixtes et parfois un fonds investi en actions de l'entreprise. Pour une durée de cinq ans, un fonds très prudent limite fortement le risque de perte sans faire beaucoup mieux que l'inflation. Un fonds en actions peut rapporter davantage, avec le risque d'une baisse au moment où l'on veut retirer. Mettre toute son épargne dans les actions de son propre employeur concentre deux risques, celui de perdre son emploi et celui de voir son épargne chuter en même temps.
Le PER collectif jusqu'à la retraite
Le plan d'épargne retraite d'entreprise collectif, souvent appelé PERECO ou encore PERCOL, a remplacé le PERCO depuis la loi Pacte de 2019. Il reçoit les mêmes sommes que le PEE, mais l'argent reste bloqué jusqu'à la retraite. À ce moment, le salarié peut sortir son épargne en capital, en rente viagère ou en combinant les deux. En capital, les sommes issues de l'intéressement, de la participation et de l'abondement sont exonérées d'impôt sur le revenu, seuls les gains supportant les prélèvements sociaux. En rente, une fraction de la rente est imposable selon l'âge au premier versement.
Les versements volontaires du salarié peuvent être déduits de son revenu imposable. En 2026, le plafond de déduction est le plus élevé des deux montants suivants, 10 % des revenus professionnels de 2025 dans la limite de 37 680 euros, ou 4 710 euros. Il est diminué de l'abondement reçu sur le PER collectif et augmenté des plafonds non utilisés des années précédentes, indiqués sur l'avis d'impôt. L'avantage se paie à la sortie, puisque les sommes déduites à l'entrée sont imposées au moment du retrait en capital. La gestion pilotée, option appliquée par défaut sur tout PER, réduit progressivement la part d'actions à mesure que la retraite approche.
Ne pas ignorer les changements apportés par la loi de finances pour 2026. Les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable, et le délai pour utiliser les plafonds de déduction non consommés passe de trois à cinq ans pour les versements effectués à partir de 2026. Ces règles s'appliquent à tous les PER, individuels comme collectifs.
Un abondement de 100 % sur les 500 premiers euros versés double ces 500 euros dès le versement, avant le moindre rendement et avant CSG. Quand l'employeur abonde, verser au moins le montant qui déclenche l'abondement maximal rapporte immédiatement plus que tout placement sans risque, à condition de pouvoir se passer de l'argent pendant la durée de blocage.
Ce que rapporte le placement
Le calculateur compare le placement d'une prime sur un plan et sa perception directe. Il ne tient compte que de l'impôt évité et de l'abondement net de CSG et de CRDS, sans rendement financier ni frais de gestion, et suppose que l'abondement s'applique à la totalité de la prime, dans la limite du plafond du plan choisi. Il applique la tranche marginale à toute la prime, alors qu'une grosse prime peut faire changer de tranche.
À 0 % d'imposition, le placement ne fait gagner que l'abondement. Sans abondement et pour un salarié non imposable, percevoir la prime et la placer ailleurs, sur un livret disponible à tout moment, peut être plus avantageux que de la bloquer cinq ans.
Débloquer son épargne avant l'échéance
Le PEE peut être débloqué avant cinq ans, sans perdre les avantages fiscaux, dans une liste de cas fixée par la loi. Parmi eux figurent le mariage ou le pacs, la naissance ou l'adoption d'un troisième enfant, le divorce avec la garde d'un enfant, l'achat ou l'agrandissement de la résidence principale, la création ou la reprise d'une entreprise, la fin du contrat de travail, l'invalidité, le décès, le surendettement ou la violence conjugale. Depuis 2024, s'y ajoutent la rénovation énergétique de la résidence principale, l'activité de proche aidant et l'achat d'un véhicule propre, électrique, à hydrogène ou vélo à assistance électrique. La demande se fait en général dans les six mois suivant l'événement, à tout moment pour certains cas comme la perte d'emploi.
Le PER collectif ne se débloque avant la retraite que dans des cas plus restreints. Service-Public cite le décès du conjoint ou du partenaire de pacs, l'invalidité, le surendettement, l'expiration des droits au chômage, la liquidation judiciaire de son entreprise pour un non-salarié et, pour les seules sommes versées volontairement et l'épargne salariale, l'achat de la résidence principale.
Pour placer le reste de son épargne, voyez nos calculs comparés du livret A, du PEL et de l'assurance vie et, pour aller vers les actions en direct, comment faire son premier achat en Bourse.
Peut-on cumuler PEE, PER collectif et PER individuel ?
Oui, sans limite de nombre. Pour les versements volontaires déductibles, le PER collectif et le PER individuel partagent le même plafond de déduction, propre à chaque membre du foyer. Un couple marié ou pacsé peut mutualiser ses plafonds.
Que devient l'épargne quand on quitte l'entreprise ?
La fin du contrat de travail permet de débloquer le PEE. On peut aussi laisser les sommes sur le plan de l'ancien employeur, dont les frais de tenue de compte passent en général à la charge de l'ancien salarié, ou les transférer vers le plan d'un nouvel employeur. Le PER collectif reste bloqué jusqu'à la retraite mais peut être transféré vers un autre PER.
L'intéressement perçu directement est-il soumis aux cotisations ?
Il n'est pas soumis aux cotisations sociales, mais il supporte la CSG et la CRDS et s'ajoute au revenu imposable. C'est l'impôt sur le revenu que le placement permet d'éviter.
Sources
- Service-Public, « Plan d'épargne entreprise (PEE) » (fiche F2142), vérifiée le 1er janvier 2026, blocage de cinq ans, versements volontaires limités à 25 % de la rémunération, abondement de 3 844,80 € ou 6 920,64 € en actions de l'entreprise, cas de déblocage anticipé dont ceux ajoutés en 2024 : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2142
- Service-Public, « Participation aux résultats de l'entreprise » (fiche F2141), vérifiée le 21 juillet 2026, délai de quinze jours pour choisir, affectation par défaut pour moitié au PER collectif : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2141
- Service-Public, « Plan d'épargne retraite (PER), PER d'entreprise collectif » (fiche F36526), vérifiée le 18 juin 2026, sortie en capital ou en rente, cas de déblocage anticipé, plafond de déduction 2026 (10 % des revenus 2025 dans la limite de 37 680 €, minimum 4 710 €) : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36526
- Service-Public, actualité « PER, nouvelles règles fiscales en 2026 », prélèvements sociaux à 18,6 %, fin de la déductibilité des versements à partir de 70 ans, report des plafonds porté de trois à cinq ans : service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18841
- Urssaf, « Les plans d'épargne », abondement limité à 8 % du plafond annuel de la Sécurité sociale sur le PEE et 16 % sur le PER collectif, soit 3 844,80 € et 7 689,60 € en 2026, intéressement limité à 36 045 € : urssaf.fr/accueil/employeur/beneficier-exonerations/epargne-salariale/plans-epargne.html
- Service-Public, « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements » (fiche F2329), vérifiée le 30 juin 2026, taux de 18,6 % en 2026 dont CSG à 10,6 %, revenus de l'épargne salariale concernés : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2329