Livret A, PEL, assurance vie : les vrais calculs en 2026
Publié le 8 juin 2026, mis à jour le 5 octobre 2026, par la rédaction
Pour 10 000 euros placés un an à partir d'octobre 2026, le Livret A rapporte 170 euros nets, un PEL ouvert cette année 140 euros, et un fonds en euros d'assurance vie dans la moyenne du marché environ 220 euros, avant un éventuel impôt au retrait. Ces écarts tiennent moins aux taux affichés qu'à la fiscalité, qui ne tombe pas au même moment ni au même taux selon le produit. Et avec une inflation autour de 2 %, aucun des trois ne fait vraiment grossir le pouvoir d'achat.
Au sommaire
Le Livret A ne paie aucun impôt
Depuis le 1er août 2026, le Livret A est rémunéré à 1,7 %, contre 1,5 % de février à juillet. Ce taux est net : ni impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux. Le capital est garanti par l'État et disponible à tout moment. Le plafond est de 22 950 euros par personne, intérêts capitalisés non compris.
Les intérêts se calculent par quinzaine. Un versement fait le 3 du mois ne rapporte qu'à partir du 16, et un retrait fait le 14 cesse de rapporter dès le 1er. Sur de petites sommes, l'effet est minime. Sur un gros mouvement, mieux vaut verser juste avant le 1er ou le 16, et retirer juste après.
LDDS et LEP complètent le Livret A
Le LDDS est rémunéré au même taux que le Livret A, avec un plafond de 12 000 euros. Un couple peut donc placer jusqu'à 69 900 euros sans impôt sur deux Livrets A et deux LDDS. Le LEP, réservé aux foyers sous un plafond de revenus, rapporte 2,5 % net jusqu'à 10 000 euros : s'il vous est ouvert, il passe avant tous les autres.
Le PEL récent rapporte moins que le Livret A
Le taux d'un PEL est fixé le jour de l'ouverture et ne bouge plus jusqu'à la fin du plan. Un plan ouvert en 2026 rapporte 2 % brut. Comme tous les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018, ses intérêts subissent chaque année le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ce qui ramène le rendement à 1,4 % net. Le PEL a échappé à la hausse de la CSG du 1er janvier 2026, qui a porté ce prélèvement à 31,4 % sur la plupart des autres placements.
À 1,4 % net, le PEL récent rapporte moins que le Livret A, et il est beaucoup moins souple : tout retrait entraîne la clôture du plan, et il faut un versement minimum de 540 euros par an. Les primes d'État ont disparu pour les plans ouverts depuis 2018. Son intérêt est ailleurs : garantir un taux pour plusieurs années et ouvrir droit, au bout de quatre ans, à un prêt immobilier de 92 000 euros au plus, à un taux connu d'avance.
Les PEL anciens sont une autre affaire. Un plan ouvert entre 2011 et début 2015 rapporte 2,5 % brut, et les plans plus anciens souvent davantage. Leurs intérêts restent exonérés d'impôt sur le revenu pendant douze ans, seuls les prélèvements sociaux s'appliquent. Un tel plan se garde, d'autant qu'une fois fermé, il ne se rouvre jamais à ce taux.
Le fonds en euros dépend surtout du contrat
L'assurance vie est une enveloppe, pas un placement en soi. On y loge un fonds en euros, dont le capital est garanti, et des unités de compte (fonds actions, immobiliers, obligataires), qui peuvent rapporter davantage mais dont la valeur varie. Selon l'ACPR, les fonds en euros ont servi en moyenne 2,65 % en 2025, frais de gestion déduits. La moyenne cache des écarts importants : chez un même assureur, l'autorité a relevé des fonds à 2,15 % et d'autres à 4,50 %.
Sur le fonds en euros, les prélèvements sociaux de 17,2 % sont retenus chaque année. Le contrat est resté à ce taux en 2026, sans la hausse de CSG. L'impôt sur le revenu, lui, n'est dû qu'au retrait, et seulement sur la part de gains retirée. Après huit ans, ces gains bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule, 9 200 euros pour un couple. Dans la plupart des cas, un épargnant qui retire progressivement après huit ans ne paie donc aucun impôt sur le revenu.
Ce sont les frais qui séparent un bon contrat d'un mauvais. Les frais sur versements vont de zéro, sur la plupart des contrats en ligne, à 3 ou 4 % dans certains réseaux. Les frais de gestion annuels vont d'environ 0,5 % à plus de 1 %. Sur vingt ans, un point de frais en plus réduit le capital final d'environ 17 % pour un placement qui rapporterait 5 % brut par an.
Ce qui plaide pour
- Impôt sur le revenu dû seulement au retrait, allégé après 8 ans
- Choix entre capital garanti et supports dynamiques
- Transmission hors succession, jusqu'à 152 500 euros par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans
- Retraits partiels possibles à tout moment
Ce qu'il faut surveiller
- Frais de gestion de 0,5 à plus de 1 % par an
- Frais sur versements encore pratiqués en agence
- Fonds en euros très inégaux d'un contrat à l'autre
- Capital non garanti sur les unités de compte
Le rendement réel se calcule après l'inflation
Le rendement réel, c'est le rendement net d'impôt moins l'inflation. Avec un Livret A à 1,7 % et des prix qui montent de 2 % sur l'année, 10 000 euros deviennent 10 170 euros, mais il faudrait 10 200 euros pour acheter la même chose qu'au départ. Le solde grimpe, le pouvoir d'achat recule de 30 euros.
Le Livret A est conçu pour suivre l'inflation à peu près : sa formule de calcul en tient compte, et il ne protège pas mieux que cela. C'est une réserve d'argent disponible, pas un moyen de s'enrichir. Pour qu'un placement fasse plus que tenir son rang, il faut accepter une part de risque. Les actions ont, sur des périodes de quinze ou vingt ans, presque toujours battu l'inflation, mais elles peuvent perdre un tiers de leur valeur en quelques mois, et certaines décennies ont été nulles, comme le CAC 40 entre 2000 et 2010.
L'horizon de placement décide de l'enveloppe
La première étape est toujours la même : trois à six mois de dépenses courantes sur un Livret A ou un LDDS, et sur un LEP si vous y avez droit. Cette réserve paie une panne de voiture ou une période sans revenu sans toucher au reste.
Pour un projet à moins de cinq ans (apport immobilier, achat d'une voiture), le capital doit rester garanti : livrets, fonds en euros, ou PEL si le prêt associé vous intéresse. Au-delà de huit ans, une assurance vie à frais réduits avec une part d'unités de compte, ou un PEA pour qui accepte les variations de la Bourse, sont les seuls moyens de viser un rendement supérieur à l'inflation. La part de risque se règle selon ce que vous supporteriez de voir baisser temporairement sans vendre. Pour un premier pas sur les marchés, notre guide pour acheter ses premières actions détaille les enveloppes et les frais.
Dans la même veine : l'épargne salariale, PER et Percol et les livrets bancaires fiscalisés.
Faut-il fermer un PEL récent pour tout mettre sur le Livret A ?
Pas forcément. La fermeture fait perdre le taux garanti et le droit au prêt. Un PEL ouvert en 2023 (2 %) ou en 2024 (2,25 %) rapporte 1,4 à 1,6 % net, un peu moins que le Livret A d'aujourd'hui, mais avec un taux qui ne baissera pas si le Livret A redescend. Un plan ouvert entre 2018 et 2022, à 1 % brut, rapporte en revanche nettement moins : celui-là, vous pouvez le fermer sans regret si vous n'avez pas de projet immobilier.
Que se passe-t-il quand le Livret A atteint son plafond ?
Vous ne pouvez plus verser, mais les intérêts continuent de s'ajouter au-delà de 22 950 euros. Le surplus d'épargne va sur le LDDS, puis sur un fonds en euros ou un livret fiscalisé selon l'horizon.
Peut-on avoir plusieurs assurances vie ?
Oui, sans limite. L'ancienneté fiscale de huit ans court contrat par contrat, à partir du premier versement. C'est une raison d'ouvrir tôt un contrat en ligne sans frais sur versements, même avec une petite somme, pour faire courir le délai.
Sources
- Ministère de l'Économie, communiqué du 15 juillet 2026, Livret A et LDDS à 1,7 % et LEP à 2,5 % au 1er août 2026 : presse.economie.gouv.fr/?p=181486
- ACPR, rapport annuel sur la revalorisation des contrats d'assurance vie publié en mars 2026, rendement moyen des fonds en euros de 2,65 % en 2025 et écarts entre fonds d'un même assureur : acpr.banque-france.fr
- Service-Public, « Plan d'épargne logement (PEL) », taux fixé à l'ouverture, fiscalité des plans ouverts depuis 2018, versement annuel minimum, prêt : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16140