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Santé & Bien-être

Mal de dos au bureau, régler son poste et bouger

Mal de dos au bureau, régler son poste et bouger

Il n'existe pas de posture idéale au bureau, rappelle l'INRS, et garder longtemps la même position, même bien réglée, fatigue le dos et la nuque. Il faut un poste bien réglé, avec le haut de l'écran au niveau des yeux, à 50 à 70 cm, et les pieds à plat, puis bouger souvent, l'INRS conseillant une pause active toutes les 30 minutes environ. Quand la douleur est installée, la Haute Autorité de santé recommande de rester actif et de reprendre progressivement ses activités. L'exercice physique reste le traitement principal, et 90 % des lombalgies communes évoluent favorablement en moins de 4 à 6 semaines.

Changer de position avant tout

On a longtemps cherché la posture parfaite, dos droit et angles à 90 degrés. L'INRS parle plutôt d'une posture assise de moindre inconfort et demande un mobilier qui pousse à changer souvent de position. Une position tenue longtemps, quelle qu'elle soit, oblige les mêmes muscles à rester contractés. Se tenir le dos arrondi quelques minutes n'a rien d'inquiétant, le garder des heures sans bouger fatigue bien davantage.

Le télétravail a souvent aggravé la situation. Un ordinateur portable posé sur la table de cuisine oblige à baisser la tête vers l'écran et à lever les épaules vers le clavier, et l'absence de trajets et de réunions supprime une partie des occasions de se lever. Les douleurs se concentrent alors sur la nuque, les épaules et le bas du dos.

La lombalgie commune désigne une douleur du bas du dos sans signe d'alerte d'une maladie sous-jacente. C'est la forme la plus fréquente. Elle devient chronique quand elle dure plus de trois mois, selon la définition de la Haute Autorité de santé.

Régler son poste de travail

Un poste bien réglé ne fait pas disparaître le mal de dos, mais il supprime des contraintes inutiles. Les repères qui suivent viennent de l'INRS, l'organisme de référence en prévention des risques professionnels. Ils ne demandent pas un fauteuil coûteux, seulement un siège réglable et quelques minutes d'ajustement.

Votre poste point par point

La hauteur du siège se règle en premier, en fonction du bureau, puis celle de l'écran. Si le bureau est fixe et trop haut, on monte le siège et on ajoute un repose-pieds. Pour un ordinateur portable, l'INRS déconseille le travail prolongé sur l'appareil seul et recommande de recréer un vrai poste avec un écran externe, ou au moins un support qui relève l'écran et un clavier séparé. Avec deux écrans utilisés autant l'un que l'autre, on les place côte à côte, face à soi. Les porteurs de verres progressifs baissent l'écran, sinon ils lèvent la tête pour lire par le bas du verre et chargent la nuque.

Des livres empilés sous l'écran ou sous le portable font un rehausseur parfaitement valable. Un coussin roulé dans le creux du bas du dos peut remplacer le soutien lombaire d'un siège qui n'en a pas.

Bouger pendant la journée

L'INRS recommande des pauses actives régulières, toutes les 30 minutes environ, pour quitter l'écran, reposer les yeux et laisser le corps récupérer. Se lever pour boire un verre d'eau, téléphoner debout ou aller voir un collègue plutôt que lui écrire suffit, sans longue coupure. L'article R. 4542-4 du Code du travail impose à l'employeur d'organiser l'activité pour que le travail sur écran soit interrompu périodiquement par des pauses ou des changements d'activité.

Le bureau assis-debout facilite ces changements, et l'INRS conseille un réglage électrique pour passer d'une position à l'autre sans effort. Rester debout toute la journée n'est pas une solution pour autant, puisqu'on remplace une position tenue longtemps par une autre. L'intérêt tient à l'alternance régulière entre assis et debout.

  1. Se lever toutes les demi-heures. Une minute debout, quelques pas, un regard au loin.
  2. Mobiliser la nuque et les épaules. Rouler les épaules vers l'arrière, tourner lentement la tête d'un côté puis de l'autre.
  3. Étirer le dos. Debout, mains sur les hanches, se pencher doucement en arrière puis sur les côtés, sans forcer.
  4. Marcher à la pause déjeuner. Dix à vingt minutes de marche font bouger tout le corps, ce qu'aucun accessoire ne remplace.

Quand le mal de dos est là

Face à une lombalgie commune, la Haute Autorité de santé recommande de rester actif, et l'exercice physique est le traitement principal. La reprise des activités quotidiennes, y compris du travail quand c'est possible, est conseillée en première intention, de façon progressive et fractionnée. Les antalgiques peuvent soulager la douleur, mais aucun n'a prouvé qu'il raccourcit la lombalgie. Pendant une poussée, une radio ou une IRM n'est pas utile en l'absence de signe d'alerte.

Si la douleur dure ou revient souvent, des exercices appris avec un kinésithérapeute puis poursuivis à la maison sont recommandés. Une ceinture lombaire peut aider à reprendre une activité pendant une courte durée, mais elle n'a pas montré d'effet sur l'évolution de la douleur. Au-delà de trois mois, ou plus tôt si les crises se répètent, une prise en charge plus complète, associant exercice supervisé, médecin et parfois médecin du travail, est envisagée. Une fois la crise passée, la HAS recommande une activité physique régulière pour diminuer le risque de récidive.

Ne pas s'immobiliser en attendant que la douleur passe. La peur de bouger et l'arrêt de toute activité font partie des facteurs qui favorisent le passage à la douleur chronique, selon la HAS. Bouger doucement, même avec un peu de douleur, aide le dos à récupérer.

Les signes qui imposent de consulter

La Haute Autorité de santé liste des signes d'alerte, les drapeaux rouges, qui doivent faire consulter rapidement parce qu'ils peuvent révéler autre chose qu'une lombalgie commune. Pris isolément, chacun est peu spécifique, et c'est leur association qui doit alerter.

  • Une douleur qui s'aggrave progressivement, présente au repos et surtout la nuit
  • Des troubles pour uriner ou aller à la selle, une faiblesse des jambes, des fourmillements ou une perte de sensibilité au niveau du pubis ou du périnée
  • Une fièvre ou une altération de l'état général
  • Un traumatisme important, comme une chute de hauteur
  • Une perte de poids inexpliquée, un antécédent de cancer, un traitement prolongé par corticoïdes
  • Une douleur dans le dos au niveau du thorax, ou une première douleur avant 20 ans ou après 55 ans

Des troubles urinaires ou une perte de force dans les jambes associés à un mal de dos relèvent de l'urgence, avec un appel au 15. En dehors de ces signes, la HAS prévoit de réévaluer la douleur deux à quatre semaines après une poussée, et un mal de dos qui ne s'améliore pas dans ce délai, ou qui revient souvent, mérite d'en parler à son médecin traitant et, pour un salarié, au médecin du travail, qui peut demander un aménagement du poste.

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Faut-il acheter un fauteuil ergonomique ?

Un siège réglable en hauteur, avec un dossier qui soutient le bas du dos, suffit dans la plupart des cas. Un fauteuil haut de gamme mal réglé ou occupé sans pause ne protège pas davantage le dos qu'un siège simple bien ajusté.

Le ballon de gym remplace-t-il une chaise ?

Il rend la position assise plus mobile et peut servir par moments, l'INRS le cite parmi les moyens de rendre l'assise plus dynamique. Il vient en complément du siège de bureau, sans le remplacer.

Peut-on travailler avec une lombalgie ?

Oui, le plus souvent. La HAS conseille la reprise précoce de l'activité professionnelle quand c'est possible, éventuellement avec un poste adapté. Un arrêt de travail peut être utile pendant une crise. En cas d'arrêts répétés ou de plus de quatre semaines, la HAS recommande de solliciter le médecin du travail pour adapter le poste.

Sources

  • INRS, « Travail sur écran, prévention des risques », mise à jour du 11 juin 2025, haut de l'écran au niveau des yeux, distance de 50 à 70 cm, pieds à plat, cuisses horizontales, coudes entre 90 et 135 degrés, poste perpendiculaire aux fenêtres, portable relié à un écran externe, pauses actives toutes les 30 minutes environ, bureau assis-debout à réglage électrique : inrs.fr/risques/travail-ecran/prevention-risques.html
  • Haute Autorité de santé, « Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune », fiche mémo, 2019, lombalgie chronique au-delà de trois mois, drapeaux rouges, exercice physique comme traitement principal, pas d'imagerie en poussée aiguë sans signe d'alerte, réévaluation à deux à quatre semaines, ceinture lombaire sans effet démontré, activité physique contre la récidive, 90 % d'évolution favorable en moins de 4 à 6 semaines : has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2019-04/fm_lombalgie_v2_2.pdf
  • Code du travail, article R. 4542-4, interruption périodique du travail quotidien sur écran par des pauses ou des changements d'activité : legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018528867