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Santé & Bien-être

Syndrome du dimanche soir, origine et moyens de l'apaiser

Syndrome du dimanche soir, origine et moyens de l'apaiser

Le syndrome du dimanche soir désigne l'appréhension qui monte en fin de week-end à l'idée de la semaine qui recommence. Le terme ne correspond à aucun diagnostic médical. Il décrit une forme banale d'anxiété d'anticipation, que la plupart des gens connaissent par moments. Elle se soulage en fermant la semaine de travail le vendredi, en préparant le lundi matin plutôt qu'en y pensant, et en protégeant le sommeil du dimanche. Quand elle revient chaque semaine avec des troubles du sommeil, des maux de ventre ou l'envie de ne pas y aller, elle signale souvent une difficulté au travail, parfois un trouble anxieux ou dépressif, et mérite qu'on en parle à un médecin.

Une anxiété d'anticipation

Le malaise naît de ce que l'on imagine du lundi. L'esprit passe en revue les réunions, les dossiers en retard, le trajet, une relation difficile avec un collègue, et réagit à ces images comme à une menace présente. On se sent tendu, irritable, on a du mal à profiter des dernières heures du week-end, parfois à s'endormir.

Le phénomène n'a rien de propre aux salariés. Les indépendants le connaissent sous la forme d'une inquiétude sur les clients ou la trésorerie, les élèves et étudiants à l'approche d'un contrôle ou d'une journée redoutée. Chez l'enfant, il prend volontiers la forme d'un mal de ventre ou de tête le dimanche soir, qui disparaît souvent pendant les vacances.

Une étude de 2025 sur l'anxiété du lundi

La recherche sur le sujet reste mince, et les pourcentages qui circulent sur internet viennent souvent de sondages commandés par des entreprises. Une étude publiée dans le Journal of Affective Disorders en novembre 2025 apporte un élément plus solide. Des chercheurs de l'université de Hong Kong ont suivi 3 511 adultes anglais de 50 ans et plus, interrogés en 2012 et 2013 dans une grande enquête sur le vieillissement. Chez les participants aux taux de cortisol les plus élevés, ceux qui se disaient anxieux le jour où ils répondaient un lundi avaient 23 % de cortisol de plus dans les cheveux, mesuré jusqu'à deux mois plus tard, que ceux qui se disaient anxieux un autre jour.

L'association existait aussi bien chez les personnes qui travaillaient que chez celles qui ne travaillaient pas, ce qui suggère que le lundi pèse au-delà du seul emploi. Les auteurs notent que l'essentiel de l'écart tient au profil des personnes anxieuses le lundi. Il s'agit enfin d'une étude d'observation sur des plus de 50 ans, qui porte sur le lundi et non sur le dimanche soir. Elle donne un indice sérieux, pas une preuve.

Fermer la semaine dès le vendredi

Une grande partie de l'anxiété du dimanche vient de ce qu'on a laissé ouvert le vendredi. Une tâche non notée, un courriel sans réponse, une échéance floue continuent de tourner en tête tout le week-end. Prendre dix minutes en fin de semaine pour lister ce qui reste à faire, noter la première tâche du lundi et fermer la messagerie donne à l'esprit la permission de lâcher. L'auteur américain Cal Newport décrit dans son livre Deep Work, paru en 2016, un rituel de ce type qu'il pratique chaque soir. Il s'étend sans peine au vendredi.

Relire ses courriels professionnels le dimanche soir fait l'inverse. On découvre des problèmes qu'on ne peut pas régler avant le lendemain, et l'on s'endort avec. En France, le code du travail reconnaît au salarié un droit à la déconnexion. Dans les entreprises tenues de négocier sur l'égalité professionnelle et la qualité de vie et des conditions de travail, en pratique celles qui ont un délégué syndical, ses modalités sont fixées par accord, ou à défaut par une charte de l'employeur après avis du comité social et économique. Cette charte peut fixer des plages pendant lesquelles on n'est pas censé répondre.

Supprimer l'application de messagerie professionnelle du téléphone personnel, ou couper ses notifications du vendredi soir au lundi matin, est un geste simple. Il évite le coup d'œil machinal qui relance toute la semaine en une minute.

Préparer le lundi et protéger son sommeil

Préparer concrètement le lundi matin réduit l'incertitude qui nourrit l'appréhension. Les vêtements choisis, le sac prêt, l'heure de départ connue et la première tâche décidée laissent moins de choses à imaginer. Prévoir aussi quelque chose d'agréable le lundi, un déjeuner avec un collègue apprécié ou une activité le soir, donne à la semaine un point d'appui.

Se coucher et se lever beaucoup plus tard le week-end décale l'horloge interne. On a alors du mal à s'endormir le dimanche soir, ce qui laisse du temps pour ruminer et rend le lundi plus pénible. Garder des horaires proches de ceux de la semaine, éviter l'alcool et les écrans tard le dimanche soir, et faire une marche ou une séance de sport l'après-midi aide à trouver le sommeil.

Réserver le dimanche soir à une activité qui absorbe vraiment l'attention (un film, un repas avec des proches, un loisir manuel) laisse moins de place aux ruminations que de rester devant son téléphone à attendre que la soirée passe.

Quand le malaise devient un signal

Une appréhension légère, certains dimanches, avant une semaine chargée, n'a rien d'inquiétant. Elle change de nature quand elle revient chaque semaine, commence dès le samedi, s'accompagne d'insomnie, de maux physiques, de pleurs ou d'une envie de ne pas retourner au travail. Elle signale alors souvent une situation professionnelle difficile (surcharge, conflit, perte de sens) ou un trouble anxieux ou dépressif qui dépasse le lundi.

Ne pas se contenter d'astuces de week-end quand le malaise dure depuis des mois. Le médecin traitant est le premier interlocuteur, et le salarié peut demander lui-même une visite au médecin du travail. Le dispositif Mon soutien psy permet de consulter directement un psychologue partenaire, jusqu'à 12 séances par an à 50 euros, remboursées à 60 % par l'Assurance maladie. En cas de détresse, le 3114, numéro national de prévention du suicide, répond jour et nuit, gratuitement.

Si le lundi matin commence toujours fatigué, voyez pourquoi on peut dormir huit heures et se réveiller épuisé. Pour bouger le dimanche sans programme compliqué, ce que change une demi-heure de marche par jour donne un repère simple.

Le syndrome du dimanche soir est-il un signe de burn-out ?

Pas en soi. Il peut accompagner un épuisement professionnel quand il s'ajoute à une fatigue persistante, un détachement vis-à-vis du travail et le sentiment d'être moins efficace. Seul un médecin peut faire la différence entre une appréhension passagère et un épuisement.

Pourquoi ressent-on la même chose sans travailler ?

Le lundi reste le jour où reprennent les rendez-vous, les démarches et le rythme des proches. L'étude de Hong Kong publiée en 2025 a d'ailleurs observé l'association entre anxiété du lundi et cortisol chez des personnes sans emploi comme chez des actifs.

Mon enfant a mal au ventre tous les dimanches soir, que faire ?

Un mal de ventre qui revient avant l'école et disparaît en vacances mérite une conversation sur ce qui se passe en classe ou avec les autres élèves. Un harcèlement peut se manifester ainsi, et le 3018 écoute parents et enfants. Si les douleurs persistent, une consultation permet d'écarter une cause physique.

Sources

  • Chandola T., Ling W., Rouxel P., « Are anxious Mondays associated with HPA-axis dysregulation? A longitudinal study of older adults in England », Journal of Affective Disorders, 1er novembre 2025, 3 511 adultes de 50 ans et plus (English Longitudinal Study of Ageing, 2012-2013), 23 % de cortisol capillaire en plus au 90e quantile, association observée chez les actifs comme chez les non-actifs, trois quarts de l'écart liés aux caractéristiques des participants : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40482685
  • Code du travail, article L2242-17, 7°, droit à la déconnexion et charte de l'employeur à défaut d'accord : code.travail.gouv.fr/code-du-travail/l2242-17
  • Assurance maladie, « Mon soutien psy », jusqu'à 12 séances par an à 50 euros remboursées à 60 %, accès direct à un psychologue partenaire, page mise à jour le 16 septembre 2026 : ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy