Des conseils et des news, chaque jour 7 novembre 2026
Maison & Travaux

Chasser l'humidité d'une chambre

Chasser l'humidité d'une chambre

Dans une chambre, l'humidité vient d'abord des occupants. Deux personnes rejettent en une nuit, par la respiration et la transpiration, une quantité d'eau qui se condense au matin sur les vitres et les murs froids. Pour la chasser, il faut ouvrir grand la fenêtre au moins dix minutes chaque jour, laisser libres les entrées et sorties d'air de la ventilation, chauffer suffisamment la pièce, écarter les meubles des murs extérieurs et ne jamais y sécher de linge. Un hygromètre permet de viser un taux d'humidité de 40 à 60 %. Si l'humidité persiste malgré ces gestes, ou si le mur est mouillé en été, la cause est probablement une infiltration, une remontée d'eau ou une fuite, qu'un absorbeur ne réglera pas.

Condensation ou infiltration

Dans une chambre, la condensation est la cause la plus fréquente. L'air chaud et chargé de vapeur de la nuit touche une surface plus froide, vitre, angle de mur extérieur, arrière d'une armoire, et l'eau s'y dépose. Elle apparaît surtout en hiver, au matin, et laisse des traces noires dans les angles hauts, derrière les meubles et autour des fenêtres. Une chambre bien isolée, calfeutrée et mal ventilée y est souvent plus sujette qu'une vieille chambre pleine de courants d'air.

L'infiltration et la remontée capillaire donnent d'autres signes. La tache est localisée, au bas du mur ou sous une fenêtre, elle persiste en été, s'étend après la pluie et s'accompagne parfois de salpêtre, un dépôt blanc et poudreux, ou d'un enduit qui cloque. Une fuite de canalisation dans la cloison ou chez le voisin du dessus produit une auréole qui grandit sans lien avec la saison.

SigneCause probable
Buée sur les vitres au réveil, taches noires dans les angles en hiverCondensation
Taches derrière l'armoire ou le lit collés au mur extérieurCondensation sur un mur froid
Mur humide en bas, salpêtre, présent même en étéRemontée capillaire
Tache qui s'étend après les pluies, sous une fenêtre ou en façadeInfiltration
Auréole qui grandit sans rapport avec la météoFuite de canalisation

Les gestes qui assèchent la pièce

  1. Ouvrir grand chaque jour. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes conseille d'aérer au moins dix minutes par jour, fenêtre grande ouverte, même en hiver. Le matin, au lever, l'air de la nuit est le plus chargé.
  2. Laisser la ventilation travailler. Ne jamais boucher les grilles au-dessus des fenêtres ni les bouches d'extraction, et dépoussiérer ces dernières. Avec une VMC, l'air de la chambre sort par la cuisine et la salle de bain en passant sous la porte, qu'il ne faut pas calfeutrer. Une feuille de papier qui reste collée à une bouche d'extraction montre que la VMC aspire.
  3. Chauffer sans à-coups. Une chambre chauffée trop peu, ou dont on coupe le chauffage toute la journée, garde des murs froids sur lesquels la vapeur se condense. Une chambre n'a pas besoin d'être chaude, mais elle ne doit pas refroidir complètement.
  4. Écarter les meubles. L'ARS recommande de laisser environ trois centimètres entre les meubles et les murs extérieurs pour que l'air circule derrière.
  5. Sortir le linge. Un étendage dans la chambre rejette dans l'air l'eau de toute une machine.

Le lit compte aussi. Le rabattre le matin et le laisser ouvert une partie de la journée permet au matelas d'évacuer l'humidité de la nuit. Un matelas posé à même le sol, sans sommier ni lattes, piège l'humidité en dessous et moisit souvent. Les plantes vertes en nombre ou un aquarium ajoutent de la vapeur. L'ARS déconseille par ailleurs les chauffages sans évacuation des fumées, comme les poêles à pétrole, qui rejettent eux aussi de l'humidité dans la pièce.

Un hygromètre de quelques euros, posé loin de la fenêtre et du radiateur, suffit à savoir où l'on en est. L'ADEME recommande un taux d'humidité compris entre 40 et 60 %, rapporte Qualitel. Un taux qui reste durablement au-dessus de 60 % dans une chambre chauffée signale une ventilation insuffisante.

Absorbeur et déshumidificateur

L'absorbeur d'humidité, un bac rempli de cristaux de chlorure de calcium, capte quelques centaines de grammes d'eau avant d'être remplacé. Il convient à un placard ou à une petite pièce peu occupée, beaucoup moins à une chambre où deux personnes dorment chaque nuit. Le liquide récupéré est corrosif et se tient hors de portée des enfants et des animaux.

Le déshumidificateur électrique extrait plusieurs litres par jour et fait vraiment baisser le taux d'humidité. Il rend service après un dégât des eaux ou pour sécher une pièce en attendant des travaux. Il consomme de l'électricité, fait un peu de bruit et ne remplace ni l'aération ni la ventilation, puisqu'il ne renouvelle pas l'air. Si l'appareil doit tourner en permanence, c'est que le problème de fond n'est pas réglé.

Nettoyer les moisissures

Les moisissures ont des effets démontrés sur la santé respiratoire. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes cite le développement et l'aggravation de l'asthme et la rhinite allergique, avec une vulnérabilité particulière des enfants, des personnes asthmatiques ou allergiques et des personnes immunodéprimées. Une chambre d'enfant ou de personne fragile qui moisit se traite donc sans attendre.

Pour une petite surface, l'ARS recommande de porter des gants et un masque, d'ouvrir la fenêtre, de nettoyer avec une lingette microfibre humidifiée d'un détergent doux, à base de savon, puis de rincer et de bien sécher. Une désinfection est rarement nécessaire. Si l'on tient à désinfecter, c'est après le nettoyage, avec de l'eau de Javel diluée dans de l'eau froide, un produit corrosif qui ne se mélange jamais à autre chose que de l'eau. Un papier peint, une moquette ou un joint de silicone colonisés en profondeur se remplacent plutôt qu'ils ne se nettoient. Si la surface contaminée est étendue, ou si les moisissures viennent d'eaux usées, mieux vaut faire appel à un professionnel.

Ne pas repeindre ni poser de papier peint sur une tache de moisissure sans avoir traité la cause. La tache revient en quelques semaines, souvent plus étendue. Ne pas dormir dans une pièce qu'on vient de nettoyer ou de désinfecter sans l'avoir longuement aérée.

Le locataire face à un logement humide

Le décret sur le logement décent impose au bailleur un logement protégé contre les infiltrations et les remontées d'eau, menuiseries extérieures comprises, avec des ouvertures et une ventilation en bon état qui permettent de renouveler l'air et d'évacuer l'humidité d'une occupation normale. Un locataire qui aère, chauffe et ne bouche pas les grilles, et dont la chambre reste humide, peut donc demander au propriétaire de faire rechercher la cause et réaliser les travaux, par lettre recommandée avec photos et relevés d'hygromètre.

Service-Public conseille d'envoyer au bailleur le courrier type de signalement de non-décence, de signaler le logement aux services de l'État par la plateforme Signal Logement, puis de lui laisser deux mois pour répondre. Sans solution, la commission départementale de conciliation et le conciliateur de justice, tous deux gratuits, peuvent être saisis, puis le juge des contentieux de la protection. Le locataire ne doit en aucun cas cesser de payer son loyer pendant ces démarches. Il reste responsable de l'entretien courant, comme le nettoyage des bouches de ventilation, et une humidité causée par le linge séché dans la chambre et des grilles bouchées ne relève pas du bailleur.

Pour sécher un garage, une cave ou un sous-sol, voyez comment choisir et utiliser un déshumidificateur dans un garage. Et quand la salle de bain moisit elle aussi, quelle peinture choisir pour une salle de bain.

Faut-il aérer une chambre humide en hiver ?

Oui, et c'est même en hiver que l'aération compte le plus. Dix minutes fenêtre grande ouverte renouvellent l'air sans refroidir durablement les murs, contrairement à une fenêtre entrouverte toute la journée, qui refroidit la pièce et favorise la condensation.

Le bicarbonate ou le gros sel absorbent-ils l'humidité ?

Très peu. Un bol de sel ou de bicarbonate capte une quantité d'eau négligeable par rapport à ce que rejette un dormeur chaque nuit. Aérer et ventiler est bien plus efficace.

Peut-on dormir dans une chambre qui a des moisissures ?

Mieux vaut les nettoyer rapidement et traiter la cause, surtout pour un enfant, une personne asthmatique ou allergique. Si la surface est grande ou revient sans cesse, un professionnel et, pour un locataire, le propriétaire doivent intervenir.

Sources

  • Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes, « Moisissures dans le logement, comment agir ? », 6 août 2026, effets sur l'asthme et la rhinite allergique, publics vulnérables, nettoyage au détergent doux avec gants et masque, désinfection rarement nécessaire, aération de dix minutes par jour, trois centimètres entre meubles et murs extérieurs, chauffages sans évacuation des fumées déconseillés, eau de Javel diluée dans l'eau froide et jamais mélangée : auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/moisissures-dans-le-logement-comment-agir
  • Qualitel, « Taux d'humidité dans la maison », modifié le 2 septembre 2026, recommandation de l'ADEME d'un taux d'humidité entre 40 et 60 % : qualitel.org/particuliers/conseils/mesurer-taux-humidite
  • Service-Public, « Logement à louer décent, métropole » (fiche F35978), vérifiée le 21 mars 2025, courrier au bailleur, Signal Logement, délai de deux mois, commission départementale de conciliation, conciliateur de justice, juge des contentieux de la protection, interdiction de cesser de payer le loyer : service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35978
  • Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent, article 2, protection contre les eaux de ruissellement et les remontées d'eau, dispositifs d'ouverture et de ventilation permettant le renouvellement de l'air et l'évacuation de l'humidité : legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000217471