Quelle pièce changer sur un robinet qui fuit
Publié le 21 août 2026, mis à jour le 18 septembre 2026, par la rédaction
Un robinet qui fuit se répare presque toujours en changeant une seule pièce, et l'endroit d'où sort l'eau désigne laquelle. Une goutte au bec robinet fermé vient de la tête de robinet sur un mélangeur à deux poignées, de la cartouche sur un mitigeur à levier. Une fuite au pied du bec pivotant ou à la base du corps vient d'un joint torique. Une fuite sous l'évier vient d'un raccord ou d'un flexible, pas du robinet. Les pièces coûtent de quelques centimes à quelques dizaines d'euros, davantage pour une cartouche thermostatique de marque, et l'opération prend rarement plus d'une heure. L'attente, elle, se paie en eau : selon le débit, un robinet qui goutte perd de quelques dizaines à une centaine de litres par jour, l'ordre de grandeur repris par l'Office international de l'eau. À 100 litres par jour, cela fait 36 m³ sur l'année, près de 180 euros au prix moyen de l'eau relevé au 1er janvier 2025, abonnement compris.
Au sommaire
- L'endroit de la fuite désigne la pièce à changer
- Couper l'eau et photographier avant de démonter
- Sur un mitigeur la cartouche se remplace en une demi-heure
- Sur un mélangeur à deux poignées on change la tête
- Au pied du bec ou à la base ce sont les joints toriques
- Douche et mitigeur thermostatique
- Le locataire paie les joints et le propriétaire le robinet
- La loi Warsmann exclut les fuites de robinet
- Quand appeler un plombier et ce qu'il doit remettre
L'endroit de la fuite désigne la pièce à changer
Deux familles de robinets équipent les logements. Le mélangeur, à deux poignées, une par température, où chaque poignée commande une tête de robinet qui ouvre ou ferme l'eau. Le mitigeur, à levier unique, où une cartouche céramique règle en même temps le débit et le mélange. Le type se reconnaît sans rien démonter, et il suffit ensuite de regarder d'où sort l'eau.
| Où fuit-il ? | Robinet | Pièce en cause | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Goutte au bec, robinet fermé | Mélangeur | Tête de robinet ou son joint de clapet | 0,50 à 15 € |
| Goutte au bec, robinet fermé ou levier dur | Mitigeur | Cartouche céramique | 10 à 70 € |
| Eau au pied du bec pivotant | Les deux | Joints toriques du bec | Quelques centimes |
| Eau à la base du corps, sur l'évier | Les deux | Joint torique du corps ou raccord des flexibles | Quelques centimes à 10 € |
| Eau sous l'évier | Les deux | Flexible, raccord, joint fibre | 5 à 15 € |
| Pommeau qui goutte robinet fermé | Mitigeur thermostatique | Tête d'arrêt céramique | 15 à 40 € |
| Température instable ou fuite à la poignée | Mitigeur thermostatique | Cartouche thermostatique ou inverseur | 40 à plus de 100 € |
Couper l'eau et photographier avant de démonter
La plupart des installations récentes ont des robinets d'arrêt sous le meuble, un par flexible, à fermer à fond. S'ils manquent ou sont grippés, on ferme le robinet général du logement, au compteur ou à l'entrée de l'installation, puis on ouvre le robinet défaillant pour vider la pression. Le fond du meuble se protège d'une serpillière, la bonde se bouche d'un chiffon pour qu'aucune vis n'y tombe.
Photographier le robinet avant, puis à chaque étape du démontage, évite de remonter une pièce à l'envers ou d'acheter la mauvaise référence. Les pièces démontées se posent dans l'ordre sur un torchon. Si une vis ou un écrou résiste, on n'insiste pas à la clé. Un peu de vinaigre blanc ou de dégrippant, un quart d'heure d'attente, et l'on recommence. Le chrome se raye et le laiton se fend quand on force.
Sur un mitigeur la cartouche se remplace en une demi-heure
Le levier tient par une vis cachée sous une pastille, rouge et bleue ou de la couleur du robinet, sur le dessus ou l'avant de la poignée. Pastille ôtée, vis dévissée, généralement à la clé Allen, le levier se soulève. Dessous, une bague décorative se dévisse à la main ou à la pince gainée de chiffon, puis un écrou de serrage libère la cartouche, qui se tire vers le haut. Avant d'en acheter une autre, on relève son diamètre, en général 35 ou 40 mm, parfois 25 sur les petits lavabos, et la marque du robinet, gravée sur le corps ou sous le levier. Les cartouches ne sont pas interchangeables d'une marque à l'autre, même à diamètre égal, car la position des ergots et des trous diffère.
Une cartouche générique, vendue dix à vingt euros pour les robinets sans marque, ne convient qu'aux modèles dont elle reprend exactement les cotes ; pour un robinet de marque, la cartouche du fabricant, quarante à soixante-dix euros chez Grohe ou Hansgrohe, est le bon choix. Avant de poser la neuve, on nettoie le logement du calcaire avec du vinaigre blanc et un chiffon, sans outil métallique. La cartouche s'insère dans le seul sens que permettent ses ergots, l'écrou se serre fermement sans forcer, et l'on remonte le reste dans l'ordre des photos. Une goutte qui persiste après remplacement vient presque toujours d'un siège entartré au fond du corps ou d'un écrou insuffisamment serré.
Le levier dur ou qui grince annonce la même panne
Une cartouche ne fuit pas du jour au lendemain. Un levier qui demande plus de force ou qui grince, une température qui ne se règle plus finement, sont les signes qui précèdent la goutte. La changer à ce stade évite de trouver un matin le lavabo qui coule, et c'est le même travail.
Sur un mélangeur à deux poignées on change la tête
Sous chaque poignée, une tête de robinet se visse dans le corps. Les anciennes têtes à clapet ferment l'eau en pressant un joint de caoutchouc sur un siège ; c'est ce joint, durci ou entaillé, qui laisse passer la goutte. Les têtes récentes, dites céramiques ou quart de tour, ferment par deux disques de céramique et se remplacent entières quand elles fuient. Pour savoir laquelle des deux têtes est en cause, on touche la goutte, chaude ou froide, ou l'on serre fort une seule poignée à la fois. Celle dont le serrage arrête la goutte est la coupable, son joint écrasé cédant sous la force ce qu'il ne fait plus au serrage normal.
Le démontage suit toujours le même ordre, pastille de couleur, vis, poignée, puis la tête, qui se dévisse à la clé plate ou à molette, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Sur une tête à clapet, le joint se dévisse ou se déclipse au bout de la tige ; on l'emporte en magasin pour prendre le même diamètre, et on remonte avec un soupçon de graisse silicone. Sur une tête céramique, on note la longueur, le filetage et le nombre de cannelures de l'axe, ou l'on emporte l'ancienne. Une tête neuve coûte de huit à quinze euros, un joint de clapet moins d'un euro. Si le siège du corps est rayé ou entartré, la goutte persistera avec un joint neuf ; les quincailleries vendent une fraise à siège pour le rectifier, mais à ce stade un robinet ancien mérite d'être remplacé.
Au pied du bec ou à la base ce sont les joints toriques
Un bec pivotant tourne sur deux joints toriques, ces anneaux de caoutchouc noir logés dans des gorges du corps. Ils s'usent avec les rotations et l'eau finit par suinter au pied du bec chaque fois que le robinet est ouvert, sans que la cartouche ou les têtes soient en cause. Selon les modèles, le bec se retire vers le haut après avoir ôté une vis de blocage ou une bague, ou se dévisse. Les joints usés se sortent à l'ongle ou avec un cure-dent, jamais avec la pointe d'un tournevis, qui raye la gorge et condamne l'étanchéité. On les remplace par des joints de même diamètre intérieur et de même section, vendus à l'unité ou en assortiment de quelques euros, enduits de graisse silicone.
Une fuite qui apparaît à la base du robinet, là où il repose sur l'évier, a deux origines possibles. Le joint torique ou le joint plat du corps, à changer de la même façon une fois le robinet déposé. Ou, bien plus souvent, un raccord sous l'évier dont l'eau remonte par capillarité le long des flexibles et se montre au-dessus. On vérifie donc d'abord sous le meuble, lampe en main, robinet ouvert, avant de démonter quoi que ce soit.
Les flexibles tressés qui relient le robinet aux arrivées d'eau s'usent. Leur tresse inox se corrode et le tuyau intérieur finit par céder, parfois brutalement. Un flexible qui montre des points de rouille, un gonflement ou une trace d'humidité au raccord se remplace sans attendre, pour une dizaine d'euros la paire. C'est une cause fréquente de dégât des eaux en l'absence des occupants.
Douche et mitigeur thermostatique
Un mitigeur thermostatique de douche contient deux mécanismes distincts, et parfois trois. La cartouche thermostatique, derrière la poignée de température, ne fait que maintenir le réglage choisi. Une tête d'arrêt céramique, derrière la poignée de débit, ouvre et ferme l'eau. Sur les modèles de baignoire s'ajoute un inverseur bain-douche. Un pommeau qui goutte robinet fermé désigne donc la tête d'arrêt, quinze à quarante euros, et non la cartouche thermostatique ; une eau qui ne tient plus sa température ou met longtemps à chauffer désigne la cartouche, de quarante à plus de cent euros chez les grandes marques ; une fuite à la poignée d'inverseur désigne celui-ci. Avant d'acheter quoi que ce soit, il faut détartrer, ces mécanismes étant plus souvent bloqués par le calcaire qu'usés. On démonte la pièce, on la laisse une nuit dans du vinaigre blanc, on rince, on remonte. Si le défaut persiste, on la commande pour la marque gravée sur le corps et la référence du modèle, à retrouver dans la notice ou sur la pièce déposée.
Dans une région à eau dure, le calcaire est la première cause de fuite de robinetterie, bien avant l'usure, parce qu'il bloque les têtes et grippe les cartouches. Notre article sur le calcaire dans la salle de bain détaille ce qui l'élimine et ce qui le prévient, et celui sur le détartrage d'un chauffe-eau traite de l'appareil qui en souffre le plus.
Le locataire paie les joints et le propriétaire le robinet
Dans un logement loué, la répartition est fixée par le décret du 26 août 1987 sur les réparations locatives, toujours en vigueur. Son annexe met à la charge du locataire, pour la robinetterie, le « remplacement des joints, clapets et presse-étoupes des robinets », et pour les canalisations d'eau le « remplacement notamment de joints et de colliers », ainsi que le remplacement des flexibles de douche. Le joint de clapet et le joint torique relèvent donc du locataire, sans discussion. Pour une tête ou une cartouche céramique entières, le décret ne dit rien : la pratique les rattache le plus souvent aux menues réparations du locataire quand il s'agit d'usure normale, mais le point se discute, et le remplacement du robinet entier, usé par le temps, relève du propriétaire, qui doit fournir un logement en bon état d'usage et assurer les réparations autres que locatives. En pratique, un locataire qui signale la fuite par écrit dès son apparition se protège : une fuite négligée qui abîme le meuble ou le plancher lui serait reprochée.
La loi Warsmann exclut les fuites de robinet
Depuis le 1er juillet 2013, l'occupant d'un local d'habitation dont la consommation double à cause d'une fuite après compteur peut obtenir le plafonnement de sa facture, sur attestation d'un plombier. Cette protection, issue de la loi dite Warsmann et de son décret du 24 septembre 2012, ne vise que les fuites sur les canalisations d'eau potable après compteur. Le décret exclut expressément les fuites dues aux appareils ménagers et aux équipements sanitaires ou de chauffage. Un robinet, une chasse d'eau ou un ballon qui fuient ne donnent donc droit à aucune remise, même si le volume perdu est important. La seule économie possible est la réparation rapide.
Quand appeler un plombier et ce qu'il doit remettre
Le plombier s'impose quand le robinet d'arrêt est absent ou grippé et qu'on ne trouve pas le général, quand la fuite vient d'une canalisation encastrée, quand une pièce refuse de se démonter malgré le dégrippant, ou quand le robinet est trop ancien pour qu'on trouve ses pièces. Dans ce dernier cas, le remplacement complet, entre 60 et 300 euros de fourniture selon la gamme, est souvent plus raisonnable qu'une réparation.
Pour toute prestation de dépannage ou de réparation à domicile, l'arrêté du 24 janvier 2017 impose au professionnel de remettre un devis détaillé avant d'intervenir, quel que soit le montant, y compris en urgence. Il doit aussi annoncer avant le déplacement son taux horaire, ses frais de déplacement et le caractère payant ou non du devis, et remettre une note détaillée avant paiement. Ces obligations valent pour la plomberie comme pour les autres métiers du dépannage, et la DGCCRF rappelle que le devis est dû « quel que soit le montant de la prestation », dès le premier euro : l'ancien seuil de 150 euros a disparu avec l'arrêté de 2017. Lors de sa dernière enquête publiée sur le secteur, 64 % des 545 établissements contrôlés étaient en anomalie. Un dépanneur qui refuse de remettre un devis, ou qui n'annonce pas ses tarifs avant de se déplacer, est un motif suffisant pour appeler ailleurs.
Pour compléter, lisez notre article sur le robinet qui goutte et le rôle du calcaire et les solutions à un parquet qui grince.
Faut-il du ruban téflon pour remonter un robinet ?
Non pour les têtes, cartouches et joints toriques, qui s'étanchent par leurs propres joints. Le ruban d'étanchéité sert aux raccords filetés sans joint plat, où l'étanchéité se fait dans le filet. En poser sur une tête de robinet gêne le serrage et n'améliore rien.
Le joint de clapet universel existe-t-il ?
Les magasins vendent des assortiments de joints de clapet de plusieurs diamètres, de 12 à 20 mm, et l'un d'eux convient dans la grande majorité des cas. Le plus sûr reste d'emporter l'ancien joint et de prendre le même diamètre, ni plus grand ni plus épais, sinon la poignée ne ferme plus correctement.
Une cartouche neuve fuit encore, que vérifier ?
D'abord l'écrou de serrage de la cartouche, souvent insuffisamment serré par prudence. Ensuite le logement, où un dépôt de calcaire au fond empêche la cartouche de porter sur son siège. Enfin la référence de la cartouche elle-même, une pièce d'un autre fabricant pouvant entrer dans le corps sans faire étanchéité.
Sources
- Office international de l'eau, chiffre clé « Volume d'eau perdu par un robinet qui fuit » (2012, chiffre repris des agences de l'eau, ordre de grandeur), près de 100 litres par jour : chiffrecle.oieau.fr/827
- Observatoire des services publics d'eau et d'assainissement (Sispea, OFB), communiqué de presse de l'édition juin 2026, prix moyen de l'eau de 4,89 € TTC/m³ au 1er janvier 2025 : services.eaufrance.fr/rapport-national
- Décret n° 87-712 du 26 août 1987 relatif aux réparations locatives, annexe, rubriques « Plomberie » et « Robinetterie » : legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000006066148
- Décret n° 2012-1078 du 24 septembre 2012 relatif à la facturation en cas de fuites sur les canalisations d'eau potable après compteur, exclusion des appareils ménagers et équipements sanitaires : legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000026417603
- Arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d'entretien dans le secteur du bâtiment, articles 2, 4 et 5 : legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033935513
- DGCCRF, « Secteur du dépannage à domicile : 64 % des entreprises contrôlées en anomalie », devis obligatoire quel que soit le montant : economie.gouv.fr/dgccrf/laction-de-la-dgccrf/les-enquetes/secteur-du-depannage-domicile-64-des-entreprises