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Entreprise & Finance

Quand un expert-comptable devient-il nécessaire

Quand un expert-comptable devient-il nécessaire

Aucune entreprise n'est obligée de prendre un expert-comptable, mais il devient vite indispensable en pratique dès qu'on crée une société. Une SASU ou une EURL doit tenir une comptabilité complète, établir des comptes annuels et les déposer au greffe, déclarer la TVA dans la plupart des cas et arbitrer la rémunération du dirigeant, ce qui demande des compétences que peu de créateurs ont. En micro-entreprise, en revanche, un livre des recettes et une déclaration de chiffre d'affaires suffisent, et un comptable est rarement utile tant qu'on reste sous les plafonds du régime. Entre les deux, l'entrepreneur individuel au régime réel peut s'en passer s'il maîtrise les règles, avec l'aide d'un logiciel.

Ce que chaque statut impose

SituationObligations comptablesExpert-comptable
Micro-entrepriseLivre des recettes, registre des achats pour les activités de vente, déclaration du chiffre d'affairesRarement utile
Entreprise individuelle au réelComptabilité de trésorerie pour les professions libérales, comptabilité simplifiée possible au réel simplifié, déclaration de résultats, souvent TVAUtile, pas indispensable avec un logiciel
SASU, EURL, SAS, SARLComptabilité complète, comptes annuels déposés au greffe, liasse fiscale, TVAVivement conseillé

Dans une société, l'expert-comptable ne se contente pas de tenir les comptes. Il aide à arbitrer entre rémunération et dividendes, à choisir le régime d'imposition, à préparer les comptes que les associés approuvent chaque année, et répond aux questions sociales quand arrive le premier salarié. Les comptes déposés au greffe sont en principe publics, mais les très petites sociétés peuvent demander, lors du dépôt, qu'ils restent confidentiels.

Le passage à la TVA

La franchise en base de TVA dispense de facturer et de déclarer la TVA tant que le chiffre d'affaires reste sous un seuil. En 2026, Service-Public Entreprendre indique des seuils inchangés, 85 000 euros pour le commerce et l'hébergement et 37 500 euros pour les prestations de services et la plupart des professions libérales, avec des seuils de tolérance de 93 500 et 41 250 euros. Les avocats, les auteurs et les artistes-interprètes bénéficient d'un seuil de 50 000 euros. Le seuil unique de 25 000 euros prévu par la loi de finances pour 2025 a été abandonné, et la loi de finances pour 2026 n'a pas retenu de seuil particulier pour le bâtiment.

Au-delà, il faut facturer la TVA, la déclarer chaque mois ou, au régime simplifié, par deux acomptes et une déclaration annuelle, et gérer la TVA récupérable sur les achats. Beaucoup d'indépendants qui géraient seuls leurs comptes se tournent alors vers un professionnel ou vers une offre en ligne accompagnée. Passer ce seuil ne fait pas sortir du régime de la micro-entreprise, dont les plafonds de chiffre d'affaires sont plus élevés.

On lit encore qu'adhérer à un centre de gestion agréé évite une majoration de 25 % du bénéfice imposable. Cette majoration, qui frappait les entrepreneurs au réel non adhérents, a été réduite progressivement puis supprimée à partir de l'imposition des revenus de 2023. Ce n'est plus une raison de payer un organisme ou un comptable.

Ce qu'on peut faire seul

En micro-entreprise, la gestion tient à la déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires sur le site de l'Urssaf, à la tenue d'un livre des recettes et, pour les activités de vente, d'un registre des achats. Un tableur suffit, et la question du comptable se pose surtout à l'approche des seuils ou en cas de changement de statut.

Pour une entreprise individuelle au réel ou une petite société sans salarié, des logiciels de comptabilité en ligne importent les relevés bancaires, classent les dépenses et préparent les déclarations. Ils conviennent à qui a le temps de s'y former et une activité simple. Ils ne remplacent pas un conseil sur les choix fiscaux et sociaux, qui peuvent peser plus lourd que la tenue des comptes elle-même.

Choisir un expert-comptable

L'expert-comptable exerce une profession réglementée, inscrite au tableau de l'Ordre des experts-comptables, et seul un professionnel inscrit peut tenir la comptabilité d'une entreprise contre rémunération. Ses honoraires sont libres et varient surtout avec le volume d'écritures et les missions confiées. Ils figurent dans une lettre de mission, signée avant le début du travail, qui précise ce qui est inclus (tenue des comptes, bilan, déclarations fiscales, paie, conseil) et ce qui sera facturé en plus. Comparer au moins deux ou trois propositions sur la base de ces lettres de mission permet de juger ce que recouvre réellement un prix.

Un cabinet qui connaît votre secteur (commerce en ligne, profession libérale réglementée, bâtiment ou location meublée) repère plus vite les pièges et les dispositifs qui vous concernent. Demandez qui sera votre interlocuteur au quotidien et dans quels délais il répond.

Les formules intermédiaires

Entre la comptabilité faite seul et le cabinet traditionnel, les offres en ligne associent un logiciel à l'intervention d'un expert-comptable pour le bilan et les déclarations, à un prix généralement plus bas qu'un cabinet classique pour les petites structures. Elles conviennent aux activités simples, moins aux situations qui demandent un conseil régulier. Certains cabinets proposent aussi des consultations ponctuelles, utiles avant une décision précise, comme le choix d'un statut ou le passage en société.

Pour les règles de la micro-entreprise, voyez les plafonds et obligations du micro-entrepreneur. Et pour la formalité à accomplir à la création d'une société, comment publier son annonce légale.

Un expert-comptable est-il obligatoire pour créer une SASU ?

Non, rien ne l'impose. Mais une SASU doit tenir une comptabilité complète, établir ses comptes annuels et les déposer au greffe, et la plupart des dirigeants se font accompagner pour ces obligations.

Peut-on changer d'expert-comptable en cours de route ?

Oui, en respectant le préavis prévu par la lettre de mission, souvent calé sur la fin de l'exercice. L'ancien cabinet transmet les documents au nouveau, et changer après la clôture des comptes évite de payer deux fois le même travail.

Les honoraires de l'expert-comptable sont-ils déductibles ?

Oui, pour une entreprise au régime réel ou une société, ils constituent une charge déductible du résultat. En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire tient lieu de déduction des frais, et ils ne se déduisent pas en plus.

Sources

  • Service-Public Entreprendre, « Franchise en base de TVA » (fiche F21746), vérifiée le 1er janvier 2026, seuils de 85 000 € et 37 500 €, seuils de tolérance de 93 500 € et 41 250 €, 50 000 € pour les avocats et les auteurs, abandon du seuil unique de 25 000 € : entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F21746
  • BOFiP, « Suppression progressive de la majoration du bénéfice pour non-adhésion à un organisme de gestion agréé » (loi de finances pour 2021, article 34), majoration ramenée à 20 %, 15 % puis 10 % et supprimée à compter de l'imposition des revenus de 2023 : bofip.impots.gouv.fr/bofip/12892-PGP.html/ACTU-2021-00106