Micro-entrepreneur 2025 : plafonds et cotisations
Publié le 15 août 2026, par la rédaction
Un mot décide de presque tout dans ce statut, et il est rarement lu avec attention : les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction d'aucune charge. Une facture émise en décembre et réglée en février ne compte pas dans l'année où vous l'avez émise. Et les 400 euros de matériel achetés pour travailler ne retirent pas un centime de ce que vous devez à l'URSSAF. C'est ce qui rend le régime imbattable pour une activité sans frais, et coûteux dès qu'il en faut : tout le reste, plafonds, TVA, fiscalité, découle de cette mécanique.
Au sommaire
- Les plafonds 2025, et le piège de la double activité
- Des cotisations assises sur le brut encaissé
- Le versement libératoire n'est avantageux que sous condition
- La franchise de TVA se perd bien avant le plafond du régime
- Déclarer même à zéro, sous peine de radiation
- Un dépassement isolé ne fait pas sortir du régime
Les plafonds 2025, et le piège de la double activité
Le statut de micro-entrepreneur s'applique tant que le chiffre d'affaires annuel reste sous certains plafonds, qui varient selon l'activité. Pour les activités de vente de marchandises, fourniture de logement et activités agricoles, le plafond est de 188 700 euros en 2025 (révisé chaque année selon l'indice des prix). Pour les prestations de services relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) et les professions libérales relevant des BNC (bénéfices non commerciaux), le plafond est de 77 700 euros en 2025.
Ces plafonds sont des seuils annuels de chiffre d'affaires encaissé (pas facturé). Si vous dépassez ces plafonds deux années consécutives, vous sortez automatiquement du régime micro-entrepreneur au 1er janvier de la troisième année. Si vous les dépassez une seule année, vous conservez le statut l'année suivante mais devez surveiller votre CA. La première année d'activité, les plafonds sont proratisés en fonction du nombre de mois d'activité.
Double activité : les deux plafonds s'appliquent ensemble
Si vous exercez à la fois une activité de vente et une activité de services, les plafonds s'appliquent différemment. Le CA global ne doit pas dépasser 188 700 euros, ET le CA de la partie services ne doit pas dépasser 77 700 euros. Les deux conditions doivent être respectées simultanément. En pratique, si vous vendez des produits (plafond 188 700) et faites aussi des prestations de services (plafond 77 700 euros sur cette fraction), vous devez tenir des comptes séparés par activité.
Des cotisations assises sur le brut encaissé
Les cotisations sociales sont calculées directement sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de charges. En 2025, les taux sont : vente de marchandises et assimilé : 12,3 % du CA (comprend maladie, maternité, invalidité, décès, retraite de base et complémentaire, CSG/CRDS) ; prestations de services commerciales (BIC) : 21,2 % ; professions libérales relevant de la CIPAV (architectes, consultants, formateurs...) : 21,1 % ; professions libérales non rattachées à la CIPAV (consultants, auteurs, autres) : 21,1 %. Ces taux peuvent être réduits pendant les 12 premiers mois d'activité via l'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise), sous conditions de demande et d'éligibilité.
Les cotisations se déclarent et se paient en ligne sur le site de l'URSSAF (autoentrepreneur.urssaf.fr), mensuellement ou trimestriellement selon votre choix fait à la création. Si votre chiffre d'affaires est nul sur la période, aucune cotisation n'est due mais la déclaration reste obligatoire (vous déclarez 0). Un micro-entrepreneur qui ne déclare pas plusieurs fois de suite peut se voir radié d'office.
Le versement libératoire n'est avantageux que sous condition
Deux régimes d'imposition coexistent, et le plus simple des deux n'est pas toujours le plus avantageux. La première est le régime classique de l'impôt sur le revenu : le CA est intégré dans la déclaration annuelle avec un abattement forfaitaire représentatif des charges (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC). Ce qui reste après abattement est ajouté aux autres revenus du foyer fiscal et imposé au barème progressif de l'IR. C'est le régime par défaut.
La seconde option est le versement libératoire de l'IR : sous condition de revenus de référence du foyer fiscal inférieur à un certain seuil (25 711 euros de revenu fiscal de référence par part en 2025), vous payez l'impôt en même temps que les cotisations, directement sur le CA. Les taux sont : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC. Ce système simplifie la gestion mais n'est pas toujours avantageux selon le niveau de revenus du foyer. Faites la comparaison avec un simulateur avant de choisir.
La contribution formation s'ajoute aux cotisations
En plus des cotisations sociales, les micro-entrepreneurs paient une contribution à la formation professionnelle (CFP) : 0,1 % du CA pour les commerçants, 0,2 % pour les artisans, 0,2 % pour les professions libérales. Cette cotisation donne accès à des formations professionnelles financées par votre OPCO (organisme de compétences de votre branche). Si vous exercez une activité artisanale, vous payez également une taxe pour frais de chambre de métiers. Ces cotisations sont intégrées dans votre déclaration URSSAF mensuelle ou trimestrielle.
La franchise de TVA se perd bien avant le plafond du régime
Le micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA : il ne facture pas de TVA à ses clients et ne récupère pas la TVA sur ses achats. Les seuils de franchise TVA en 2025 sont différents des seuils micro : 91 900 euros pour la vente (seuil majoré : 101 000 euros) et 36 800 euros pour les services (seuil majoré : 39 100 euros). Si vous dépassez ces seuils de TVA, vous devez commencer à facturer la TVA à vos clients dès le 1er du mois du dépassement, même si vous restez sous les plafonds micro-entrepreneur.
Sur votre facture, tant que vous êtes en franchise de TVA, vous devez obligatoirement indiquer la mention "TVA non applicable, art. 293 B du CGI". Omettre cette mention expose à des redressements fiscaux. Pour les clients professionnels qui récupèrent la TVA (entreprises, professions libérales), la franchise de TVA peut être un avantage compétitif (vos prix HT sont aussi vos prix TTC) ou un inconvénient selon les situations.
Déclarer même à zéro, sous peine de radiation
Les obligations sont allégées, pas supprimées, et l'oubli se paie. La déclaration du CA à l'URSSAF est mensuelle ou trimestrielle, même si le CA est nul. Elle se fait en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr. La déclaration de revenus annuelle intègre le CA dans la rubrique correspondante (formulaire 2042 C PRO). Un livre de recettes doit être tenu : il liste chaque encaissement avec date, montant, client et nature de la prestation. Pour les activités d'achat-revente, un registre des achats est également obligatoire.
L'ouverture d'un compte bancaire dédié à l'activité est obligatoire si le CA annuel dépasse 10 000 euros deux années consécutives. En dessous de ce seuil, un compte courant personnel peut théoriquement suffire, mais séparer les comptes professionnel et personnel est vivement recommandé pour la clarté de votre comptabilité et en cas de contrôle URSSAF. Certaines activités réglementées (artisanat, bâtiment, santé, enseignement) imposent des qualifications professionnelles spécifiques et des assurances obligatoires (responsabilité civile professionnelle, assurance décennale pour le bâtiment).
Un dépassement isolé ne fait pas sortir du régime
Si vous dépassez les plafonds micro-entrepreneur sur deux années consécutives, vous passez automatiquement au régime réel de l'entreprise individuelle (ou à une autre forme juridique si vous le souhaitez). Ce changement implique une comptabilité complète avec un expert-comptable, des déclarations de TVA (si vous dépassez aussi les seuils TVA), et un calcul de cotisations sociales différent. La transition est automatique mais peut être anticipée si vous voyez votre CA croître vers les plafonds.
Le dépassement des seuils de TVA (plus bas que les seuils micro) est plus immédiat : vous devez vous immatriculer à la TVA immédiatement et commencer à la facturer. Ce changement peut être problématique si vos clients sont des particuliers (ils payent plus cher soudainement) ou si vous n'avez pas anticipé la gestion TVA. Surveiller son CA mois par mois et se projeter sur l'année est indispensable quand on approche de ces seuils.
Lire aussi : Fin de CDD : droits et démarches et Commencer à investir en bourse.
Peut-on cumuler le statut de micro-entrepreneur avec un emploi salarié ?
Oui, le cumul micro-entrepreneur + salariat est tout à fait possible et très courant. Le revenu de l'activité micro est déclaré séparément dans la déclaration de revenus annuelle. Les cotisations URSSAF sont calculées uniquement sur le CA de l'activité micro, indépendamment du salaire. Il faut vérifier si votre contrat de travail comporte une clause d'exclusivité ou de non-concurrence qui pourrait restreindre les activités autorisées en parallèle. Les fonctionnaires ont des règles spécifiques sur le cumul d'activités.
Quelles charges peut-on déduire en micro-entrepreneur ?
Le régime micro-entrepreneur ne permet pas de déduire les charges réelles. L'abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité) est censé représenter l'ensemble des charges. Si vos charges réelles sont supérieures à cet abattement, le régime micro n'est pas avantageux fiscalement et il peut être préférable d'opter pour le régime réel (entreprise individuelle au régime réel simplifié ou normal). Cette analyse vaut particulièrement pour les activités avec des frais importants (matières premières, location, équipements).
Faut-il déclarer son activité même si on n'a pas encore de clients ?
La déclaration d'activité est obligatoire dès lors que l'activité est exercée, même avant d'avoir des clients ou des revenus. La création se fait en ligne sur le guichet unique de l'INPI (guichet-entreprises.fr), qui transmet automatiquement l'information aux organismes concernés (URSSAF, impôts, CMA ou CCI selon l'activité). Une fois créé, vous devez déclarer votre CA (même nul) à chaque période déclarative. Ne pas créer son statut alors qu'on exerce une activité lucrative expose à des sanctions pour travail non déclaré.
Le statut de micro-entrepreneur est conçu pour être simple, et il l'est effectivement pour la gestion quotidienne. Mais connaître les règles sur les plafonds, la TVA et les obligations déclaratives évite les mauvaises surprises. Un dépassement de plafond non anticipé ou une franchise TVA franchie sans le remarquer peut créer des complications fiscales qui auraient été évitables avec un peu de veille et de suivi mensuel du chiffre d'affaires.