Molosse : les races, et lesquelles sont catégorie 1 ou 2
Publié le 7 juillet 2023, mis à jour le 5 août 2026, par la rédaction
Un molosse, ce n'est pas une race. C'est une famille morphologique qui va du carlin de sept kilos au dogue allemand de soixante-dix. Et la confusion la plus coûteuse tient en une phrase : la grande majorité des molosses ne sont pas des chiens catégorisés au sens de la loi française, et l'un des quatre types visés par cette loi n'appartient même pas à cette famille. Voici ce que le mot recouvre réellement, et ce qui change concrètement selon le chien que vous avez devant vous.
Au sommaire
- D'où vient le mot, et ce qu'il désigne
- Les quatre branches molossoïdes
- Molosse ne veut pas dire chien catégorisé
- Catégorie 1 et catégorie 2 : ce qui change
- Les obligations du détenteur
- Le caractère, et ce que l'éducation change
D'où vient le mot, et ce qu'il désigne
Le terme remonte à l'Antiquité grecque. Les Molosses étaient un peuple d'Épire, dans le nord-ouest de la Grèce actuelle, réputé pour ses grands chiens de garde et de troupeau. Le nom du peuple est resté attaché aux chiens, puis a traversé les siècles jusqu'à désigner un ensemble morphologique.
La Fédération cynologique internationale, qui fait référence pour la classification des races, range les molossoïdes dans son groupe 2, section 2. Elle y distingue deux sous-ensembles : les chiens de type dogue et les chiens de type montagne. Le point commun n'est ni la taille ni le tempérament, mais une architecture : crâne large, mâchoire puissante, museau souvent raccourci, ossature lourde, poitrail développé et masse musculaire importante rapportée à la hauteur au garrot.
Un type morphologique, pas une race
Dire « j'ai un molosse » renseigne à peu près autant que dire « j'ai un chien ». La famille couvre plusieurs dizaines de races, avec des écarts de poids de un à dix et des tempéraments qui n'ont rien à voir entre un saint-bernard et un dogue argentin. Toute question sérieuse sur le comportement, la santé ou la réglementation se traite race par race, jamais à l'échelle du groupe.
Les quatre branches molossoïdes
On distingue traditionnellement quatre ensembles, selon l'origine et la fonction historique des races.
- Les dogues Les plus imposants du groupe : dogue de Bordeaux, dogue allemand, dogue argentin, bullmastiff, cane corso, et le mastiff, ce géant anglais réputé pour son calme. Historiquement des chiens de garde et de protection de propriété.
- Les bouledogues et les types bully Plus compacts et plus ramassés : bouledogue français, bouledogue anglais, American Staffordshire terrier, Staffordshire bull terrier. Souvent très demandeurs de contact humain.
- Les chiens de montagne Saint-bernard, terre-neuve, montagne des Pyrénées, leonberg. Sélectionnés pour protéger les troupeaux ou porter secours, avec un seuil de réactivité généralement bas.
- Les petits molossoïdes Le carlin et le boston terrier appartiennent bien à la famille : même morphologie ramassée et même crâne large, en format réduit.
Molosse ne veut pas dire chien catégorisé
C'est sur ce point que se joue l'essentiel des malentendus, y compris chez des propriétaires persuadés d'être en règle et qui ne le sont pas, ou l'inverse. La loi du 6 janvier 1999, reprise aux articles L211-11 et suivants du Code rural, ne vise pas les molosses. Elle vise quatre types de chiens désignés nommément : l'American Staffordshire terrier, le mastiff dit boerbull, le tosa et le rottweiler.
Conséquence directe : le dogue de Bordeaux, le cane corso, le dogue allemand, le bullmastiff, le dogue argentin, le saint-bernard et le terre-neuve sont des molossoïdes et ne sont pas catégorisés. Ils relèvent du droit commun applicable à tout chien. À l'inverse, le rottweiler figure sur la liste alors qu'il est rattaché aux bouviers dans la classification internationale, et non aux molossoïdes.
La confusion la plus fréquente porte sur deux races au nom voisin. L'American Staffordshire terrier, l'amstaff, est concerné par la loi. Le Staffordshire bull terrier, le staffie, ne l'est pas : c'est une race distincte, plus petite, absente des listes officielles. Une erreur d'identification, dans un sens comme dans l'autre, a des conséquences réelles sur l'assurance comme lors d'un contrôle.
Second point contre-intuitif : le classement ne dépend pas seulement de la race, mais de l'inscription du chien à un livre généalogique reconnu, en France le LOF. Un chien sans papiers dont l'apparence est assimilable à l'un des types visés bascule en catégorie 1, alors que le même chien inscrit au LOF relève de la catégorie 2. C'est l'apparence morphologique qui déclenche le classement, pas un test génétique.
Catégorie 1 et catégorie 2 : ce qui change
Catégorie 1, chiens d'attaque
- Chiens non inscrits au LOF, assimilables à l'amstaff, au mastiff ou au tosa
- Acquisition, cession et importation interdites
- Stérilisation obligatoire
- Accès interdit aux transports en commun, aux lieux publics et aux locaux ouverts au public
- Muselière et laisse obligatoires sur la voie publique
Catégorie 2, chiens de garde et de défense
- Amstaff, rottweiler et tosa inscrits au LOF, plus les chiens de type rottweiler sans papiers
- Acquisition autorisée
- Stérilisation non imposée
- Accès autorisé aux lieux publics et aux transports
- Muselière et laisse obligatoires sur la voie publique et dans les lieux publics
La catégorie 1 est une catégorie en extinction programmée : puisque l'acquisition et la reproduction en sont interdites, elle a vocation à disparaître avec les chiens qui la composent encore.
Les obligations du détenteur
Pour les deux catégories, cinq démarches conditionnent la détention légale. Elles s'enchaînent dans cet ordre.
- Identification et vaccination Puce ou tatouage, et vaccination antirabique valide, à maintenir à jour ensuite.
- Assurance responsabilité civile Une garantie couvrant les dommages causés par l'animal, souscrite spécifiquement pour lui.
- Attestation d'aptitude Une formation d'une journée, sept heures, auprès d'un formateur agréé par la préfecture. Elle porte sur le comportement canin et la prévention des accidents.
- Évaluation comportementale Réalisée par un vétérinaire inscrit sur la liste départementale, entre les huit et les douze mois du chien. Le vétérinaire situe l'animal sur une échelle de risque et peut recommander un suivi.
- Permis de détention Déposé en mairie avec les quatre pièces précédentes. C'est lui qui rend la détention régulière.
Certaines personnes ne peuvent pas détenir un chien de catégorie 1 ou 2 : les mineurs, les majeurs sous tutelle sauf autorisation du juge, les personnes condamnées pour un crime ou un délit inscrit au bulletin n° 2 du casier judiciaire, et celles à qui la garde d'un chien a déjà été retirée. Les règles évoluant et certaines communes ajoutant des arrêtés locaux, la mairie du lieu de résidence reste la source à interroger avant d'acquérir l'animal.
Le caractère, et ce que l'éducation change
Les molossoïdes subissent un procès permanent que leur physique alimente. Ce qu'observent les vétérinaires comportementalistes est plus banal : le tempérament dépend de la race, de la lignée, de la socialisation des premiers mois et du cadre donné par le foyer, à peu près dans cet ordre. Plusieurs races du groupe, en particulier chez les chiens de montagne, sont sélectionnées depuis des générations pour un seuil de réactivité bas et une tolérance élevée.
Ce qui change vraiment avec un molosse, c'est la marge d'erreur. Un chien de dix kilos mal éduqué crée un désagrément, un chien de soixante kilos mal éduqué crée un problème. La différence ne tient pas au caractère mais à la masse, et elle impose d'anticiper ce qu'on peut négliger ailleurs : la marche en laisse, le rappel, la gestion des invités, la tolérance à la manipulation par un vétérinaire.
Apprenez la marche en laisse pendant que le chiot pèse encore quinze kilos, pas quand il en pèse quarante. Chez les races géantes, la fenêtre est courte : un dogue allemand atteint l'essentiel de son poids adulte entre douze et dix-huit mois. Ce qui n'est pas acquis avant devient nettement plus difficile à installer après.
Deux points de santé méritent d'être connus avant l'adoption. Les races à museau court, bouledogues et carlins en tête, sont sujettes au syndrome brachycéphale, qui gêne la respiration et rend les fortes chaleurs dangereuses. Les races géantes cumulent une prédisposition à la dysplasie de la hanche et du coude, et une espérance de vie sensiblement plus courte que la moyenne canine, souvent sept à dix ans. Le budget vétérinaire suit la même logique que le poids, y compris sur les doses de médicaments.
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Le cane corso est-il un chien catégorisé en France ?
Non. Le cane corso n'apparaît sur aucune des deux listes, malgré son gabarit et sa réputation. Il relève du droit commun applicable à tout chien, sans permis de détention ni muselière obligatoire. Certaines compagnies d'assurance appliquent toutefois des conditions particulières aux grandes races de garde, indépendamment de la loi : cela se vérifie au contrat, pas au Code rural.
Un mineur peut-il détenir un chien de catégorie 2 ?
Non. La détention est interdite aux mineurs, aux majeurs sous tutelle sauf autorisation du juge, aux personnes condamnées pour un crime ou un délit figurant au bulletin n° 2 du casier judiciaire, et à celles à qui la garde d'un chien a été retirée. Un mineur peut promener le chien s'il en a la capacité physique, mais le détenteur déclaré reste l'adulte titulaire du permis.
Le permis de détention doit-il être renouvelé ?
Il n'a pas de durée de validité, mais il est lié à un chien et à un détenteur précis. Un déménagement dans une autre commune suppose de le présenter à la nouvelle mairie. Un changement de propriétaire suppose que le nouveau détenteur obtienne son propre permis, avec sa propre attestation d'aptitude. L'évaluation comportementale peut par ailleurs être renouvelée si le vétérinaire l'a recommandé ou si le maire l'exige après un incident.
Un molosse convient-il à une famille avec de jeunes enfants ?
Plusieurs races du groupe sont réputées patientes, notamment chez les chiens de montagne et les dogues les plus calmes. La question utile n'est pas la race mais le format : un chien de cinquante kilos peut renverser un enfant de trois ans sans la moindre intention agressive, simplement en se retournant. Un molossoïde en famille suppose donc un espace suffisant, une éducation posée tôt, et la règle habituelle valable pour tous les chiens : ne jamais laisser un jeune enfant seul avec l'animal.
Le mot molosse dit quelque chose d'une silhouette, pas d'un tempérament ni d'un statut juridique. Deux repères évitent la plupart des erreurs : la famille molossoïde est très large et couvre des chiens de sept à soixante-dix kilos, et la loi française ne vise que quatre types précis, dont trois seulement appartiennent à cette famille. Pour tout le reste, ce sont la race, la lignée et l'éducation qui décident, pas la catégorie.