Comment est constitué le mix énergétique en France ?
Publié le 1 mai 2020, mis à jour le 18 septembre 2026, par la rédaction
En 2025, la France a produit 547,5 TWh d'électricité, et plus de 95 % de cette production n'a émis quasiment aucun CO₂, selon le bilan électrique publié par RTE début 2026. Le nucléaire à lui seul en fournit 68 %, un niveau que la reprise de plusieurs réacteurs a fait remonter par rapport aux années précédentes. Le reste se répartit entre hydraulique, éolien, solaire et thermique fossile, avec un effet direct sur votre facture.
Ce que recouvre le terme « mix énergétique »
Le « mix énergétique » désigne la répartition des différentes sources utilisées pour produire l'électricité d'un pays. Certaines sont pilotables, activables à la demande comme le nucléaire ou l'hydraulique de barrage ; d'autres, comme l'éolien et le solaire, dépendent de la météo. La France a fait, dès les années 1970, un pari massif sur le nucléaire, qui structure encore aujourd'hui sa production électrique.
Mix de production ou mix énergétique global
Le mix de production électrique décrit ce que la France fabrique comme électricité. Le mix énergétique global, lui, inclut aussi le pétrole et le gaz consommés pour les transports et le chauffage, où les énergies fossiles restent largement majoritaires. Quand on parle d'électricité « décarbonée », il s'agit du premier, pas du second : les deux ne se confondent pas.
La composition de l'électricité française en 2025
Voici la répartition officielle de la production d'électricité en France pour l'année 2025, telle que publiée par RTE, le gestionnaire du réseau de transport.
Le thermique fossile, qui brûle du gaz ou du fioul pour produire de l'électricité, est tombé à 18,7 TWh en 2025 : son plus bas niveau depuis près de 75 ans, en recul de 41 % sur seulement deux ans. C'est ce recul, plus que la hausse des renouvelables, qui explique l'essentiel du gain de décarbonation observé ces dernières années.
Les forces et les limites de ce modèle
Ce mix très nucléarisé a des avantages indéniables, mais aussi des points de vigilance que le débat public met régulièrement en avant.
Les atouts
- Électricité très peu carbonée
- Production pilotable et stable
- Indépendance énergétique renforcée
- Prix de gros historiquement compétitifs
Les défis
- Vieillissement du parc nucléaire
- Gestion des déchets radioactifs
- Investissements lourds à renouveler
- Écrêtement croissant des renouvelables faute de débouchés
Vers quel mix pour demain
Le parc nucléaire, construit pour l'essentiel dans les années 1980, arrive à un âge où se pose la question de sa prolongation, de son renouvellement avec de nouveaux réacteurs, ou de la réduction de sa part. En parallèle, l'éolien et le solaire progressent chaque année : leur production combinée a gagné près de 11 TWh en 2025 par rapport à 2024. RTE note toutefois que les volumes d'électricité renouvelable écrêtés, c'est-à-dire produits mais non injectés faute de demande ou de capacité de stockage suffisante, ont doublé sur la même période.
La France a par ailleurs battu son record d'exportations d'électricité en 2025, avec 92,3 TWh exportés vers ses voisins, soit 17 % de sa production. L'enjeu des prochaines années reste le même : marier la stabilité du nucléaire et de l'hydraulique avec la flexibilité qu'imposent l'éolien et le solaire, tout en absorbant une demande appelée à croître avec l'électrification des transports et du chauffage.
L'incidence réelle sur votre facture
Au quotidien, ce mix se traduit dans votre empreinte carbone plus que dans le prix affiché sur votre facture. Quel que soit votre fournisseur électricité, l'électricité que vous consommez provient du même réseau national, donc du même mix : choisir une offre « verte » finance le développement des renouvelables, mais les électrons qui arrivent chez vous restent issus de la production globale du pays. Le levier individuel le plus direct reste la sobriété et le déplacement de la consommation vers les heures creuses.
Pour réduire votre facture sans changer de mode de vie, déplacez vos usages gourmands (lave-linge, lave-vaisselle, recharge de véhicule) vers les heures creuses. Vous profitez d'un tarif plus bas et vous lissez la demande sur le réseau, ce qui aide aussi le système électrique aux heures de pointe.
Mes gestes pour alléger ma facture
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La France exporte-t-elle plus d'électricité qu'elle n'en importe ?
Oui, largement : la France a exporté un volume record de 92,3 TWh en 2025, soit 17 % de sa production, grâce à son parc nucléaire. Le solde reste toutefois variable d'une année à l'autre, selon la disponibilité des centrales et la météo.
L'électricité française est-elle vraiment « verte » ?
Elle est surtout très peu carbonée : en 2025, plus de 95 % de la production n'émet quasiment pas de CO₂, nucléaire et renouvelables combinés. « Verte » au sens renouvelable, elle l'est en partie seulement, puisque le nucléaire est décarboné mais pas renouvelable.
Choisir une offre verte change-t-il l'électricité qui arrive chez moi ?
Physiquement, non : tous les foyers reçoivent le même mélange issu du réseau national. Une offre verte garantit en revanche qu'une quantité équivalente d'électricité renouvelable est injectée dans le réseau, ce qui en soutient le développement.
Pourquoi une partie de l'électricité renouvelable est-elle perdue ?
RTE appelle cela l'écrêtement : quand la production d'éolien ou de solaire dépasse la demande du moment et que le réseau ne peut ni la stocker ni l'exporter davantage, une partie est volontairement non injectée. Ces volumes ont doublé en 2025, signe que le stockage devient un enjeu aussi important que la production elle-même.
Deux chiffres résument l'état du mix français en 2025 : 68 % de nucléaire, et plus de 95 % de production décarbonée une fois les renouvelables ajoutées. Le vrai chantier des prochaines années n'est plus tant de décarboner la production, déjà très avancée, que d'absorber une demande croissante et de mieux valoriser l'électricité renouvelable produite en surplus.