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Santé & Bien-être

Descente d'organes, les traitements sans chirurgie

Descente d'organes, les traitements sans chirurgie

Une descente d'organes, ou prolapsus génital, se traite d'abord sans chirurgie. La Haute Autorité de santé propose d'abord la rééducation des muscles du périnée avec un kinésithérapeute ou une sage-femme, puis le pessaire (un dispositif placé dans le vagin qui soutient les organes) et des mesures d'hygiène de vie qui réduisent la pression sur le périnée. Un essai randomisé publié dans The Lancet en 2014 a montré qu'un programme individuel de rééducation réduisait modestement les symptômes à un an. Aucune plante, aucune huile ni aucun complément n'a d'effet démontré. Un prolapsus découvert par hasard et qui ne gêne pas peut simplement être surveillé.

Ce qu'est une descente d'organes

Le plancher pelvien est un ensemble de muscles et de ligaments qui ferme le bas du bassin et soutient la vessie, l'utérus et le rectum. Quand ce soutien se relâche, un ou plusieurs de ces organes descendent et font saillie dans le vagin. Les grossesses et les accouchements par voie basse, l'âge, la ménopause, le surpoids, la constipation chronique, la toux chronique et le port répété de charges lourdes en sont les principaux facteurs favorisants.

Les signes typiques sont une sensation de pesanteur ou de « boule » dans le vagin, qui s'accentue en fin de journée et en position debout, parfois une boule visible ou palpable à la vulve. S'y ajoutent selon les cas des fuites urinaires, une difficulté à vider la vessie ou le rectum, ou une gêne pendant les rapports. Beaucoup de prolapsus sont légers et ne donnent aucun symptôme.

La rééducation du périnée

La rééducation consiste à apprendre à contracter correctement les muscles du plancher pelvien, puis à les renforcer par des exercices réguliers, souvent appelés exercices de Kegel. Elle se fait avec un kinésithérapeute ou une sage-femme, qui vérifie que la bonne contraction est obtenue. Prescrite par un médecin ou une sage-femme, elle est prise en charge par l'Assurance maladie. La HAS indique qu'elle améliore les symptômes et la qualité de vie, seule ou associée à un pessaire.

L'essai POPPY, conduit dans vingt-cinq centres au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et en Australie, a comparé chez 447 femmes atteintes d'un prolapsus de stade I à III un programme individuel de rééducation à un simple dépliant de conseils. À douze mois, les femmes rééduquées signalaient moins de symptômes que celles qui n'avaient reçu que le dépliant. Le gain est réel mais modeste. Poursuivre les exercices chez soi après la fin des séances est conseillé pour le conserver.

Contracter le périnée juste avant un effort (soulever une charge, tousser, éternuer) protège le plancher pelvien au moment où la pression monte. Ce réflexe, appris pendant la rééducation, finit par devenir automatique.

Le pessaire

Le pessaire est un dispositif souple, souvent en silicone, en forme d'anneau, de cube ou de coupelle, introduit dans le vagin pour remettre et maintenir les organes en place. La HAS le décrit comme adapté à toutes les patientes, quels que soient leur âge et la sévérité du prolapsus, sauf contre-indication appréciée par le soignant. Plusieurs modèles et tailles existent, et il faut parfois en essayer plusieurs avant de trouver le bon.

Certaines femmes apprennent à le mettre et à le retirer elles-mêmes, d'autres le font changer et nettoyer régulièrement par un professionnel. Un suivi reste nécessaire pour vérifier la tolérance du vagin. Après la ménopause, le médecin peut proposer un traitement hormonal local pour améliorer l'état de la muqueuse vaginale, ce qui facilite souvent le port du pessaire. Des pertes inhabituelles, des saignements, de la fièvre ou des douleurs imposent de consulter.

Ce qui soulage au quotidien

La HAS range parmi les mesures d'hygiène de vie la perte de poids en cas de surpoids, le traitement de la constipation, une meilleure gestion des efforts de poussée, une activité physique régulière et la réduction de la sédentarité. Toutes visent à diminuer la pression qui s'exerce en permanence sur le plancher pelvien, tout comme le fait de limiter le port de charges lourdes.

Mes réflexes au quotidien

Les solutions « naturelles » qu'on trouve en ligne se valent mal. Aucune plante, huile essentielle, tisane ni complément alimentaire n'a montré qu'il faisait remonter un organe. La gymnastique hypopressive, les boules de geisha et le yoga sont parfois proposés, sans études solides montrant un bénéfice sur le prolapsus supérieur à la rééducation classique. Ils peuvent compléter la rééducation, avec l'accord du kinésithérapeute, pas la remplacer.

Les remèdes vendus comme naturels ne remplacent pas une consultation. Les sports à fort impact (sauts, course intensive) et les abdominaux classiques qui poussent vers le bas augmentent la pression sur le périnée et se discutent avec le kinésithérapeute.

Quand consulter et quand opérer

Toute sensation de boule ou de pesanteur vaginale mérite un examen par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme, qui évalue le type et le stade du prolapsus. Il faut consulter plus vite en cas de boule qui sort de la vulve, de difficulté à uriner ou à aller à la selle, de fuites, de saignements ou de douleurs. Il faut consulter en urgence s'il devient impossible d'uriner, ou si la boule sortie ne rentre plus et devient douloureuse.

La chirurgie est proposée quand la gêne reste importante malgré les traitements conservateurs. La HAS décrit trois grandes techniques. La première passe par le vagin et utilise les tissus de la patiente. La deuxième passe par l'abdomen et fixe les organes au sacrum, c'est la promontofixation. La troisième, le colpocléisis, ferme le vagin chez les femmes qui n'ont plus de rapports. Les prothèses synthétiques posées par voie vaginale pour traiter le prolapsus ne sont plus autorisées en France.

Pour une activité physique douce et régulière, voyez ce que change une demi-heure de marche par jour. Et pour adapter son sport avec l'âge, comment adapter sa pratique sportive après 40 ans.

Peut-on guérir une descente d'organes sans chirurgie ?

La rééducation et le pessaire ne font pas toujours remonter l'organe, mais ils soulagent souvent assez les symptômes pour que l'opération ne soit pas nécessaire. Seul un examen permet de savoir ce qu'on peut attendre de chaque traitement.

Les exercices de Kegel suffisent-ils ?

Ils sont la base de la rééducation, à condition d'être bien faits. Un premier apprentissage avec un kinésithérapeute ou une sage-femme évite de pousser au lieu de retenir, ce qui peut accentuer la pression sur le périnée.

Le pessaire gêne-t-il au quotidien ?

Bien adapté, il ne se sent généralement pas. Certains modèles se retirent pour les rapports, d'autres peuvent rester en place. Le choix du modèle et de la taille se fait avec le soignant, parfois après plusieurs essais.

Sources

  • Haute Autorité de santé, « Prolapsus génital de la femme, des solutions pour le traiter », 2022, surveillance des prolapsus asymptomatiques, rééducation, pessaire adapté à toutes les patientes, mesures d'hygiène de vie, techniques chirurgicales, prothèses vaginales non autorisées : has-sante.fr/jcms/p_3337359
  • Hagen S. et coll., « Individualised pelvic floor muscle training in women with pelvic organ prolapse (POPPY): a multicentre randomised controlled trial », The Lancet, 2014, 447 femmes, prolapsus de stade I à III, moins de symptômes à douze mois avec la rééducation individuelle : pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24290404